Le CPPE alerte sur la concurrence des commerçants chinois dans le commerce de détail nigérian
Le Centre pour la promotion de l'entreprise privée s'inquiète de l'arrivée massive de commerçants étrangers, notamment chinois, dans le retail nigérian, menaçant les petits commerces locaux.

Le Centre pour la promotion de l'entreprise privée (CPPE) a tiré la sonnette d'alarme cette semaine. Dans un rapport publié à Lagos, l'organisation pointe la présence croissante de commerçants étrangers, en particulier chinois, dans le secteur du commerce de détail nigérian. Ces opérateurs, souvent installés dans les grands marchés urbains comme Balogun à Lagos ou Onitsha, vendent des produits importés à des prix que les commerçants locaux peinent à égaler. Le CPPE y voit une menace directe pour des milliers de petites entreprises qui font vivre des familles entières.
Le problème n'est pas nouveau, mais il s'accentue. Selon le CPPE, les commerçants étrangers bénéficient de réseaux d'approvisionnement intégrés et de coûts logistiques réduits, leur permettant de casser les prix. Les autorités nigérianes ont des lois qui réservent normalement le commerce de détail aux nationaux, mais leur application reste laxiste. Des commerçants de Kano ou d'Aba racontent qu'ils perdent jusqu'à 40 % de leur chiffre d'affaires face à cette concurrence. Le CPPE demande au gouvernement de renforcer les contrôles et de protéger les petits commerces.
Cette pression sur le retail intervient dans un contexte monétaire tendu. Le Naira a perdu près de 70 % de sa valeur depuis juin 2023, ce qui renchérit les importations et rend les produits locaux moins compétitifs. Pour les commerçants nigérians, l'accès aux devises reste un casse-tête quotidien. Dans ce climat, des plateformes numériques comme SendXOF répercutent les taux de change en temps réel, offrant une visibilité sur les coûts d'importation. Mais pour l'instant, la priorité du CPPE est ailleurs : il réclame des mesures concrètes pour endiguer ce qu'il appelle une "invasion silencieuse" du commerce de proximité.
La balle est dans le camp du gouvernement fédéral. Entre protection des emplois locaux et respect des engagements commerciaux internationaux, l'équilibre est délicat. Le CPPE suggère de cibler les contrevenants plutôt que de stigmatiser tous les étrangers. Une chose est sûre : sans action rapide, des milliers de petits commerces nigérians pourraient mettre la clé sous la porte. Et avec eux, tout un pan de l'économie informelle qui fait tourner les marchés du pays.
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