Le brut du Moyen-Orient retrouve 98 % de ses volumes d'avant-guerre via Ormuz
Les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient ont retrouvé environ 98 % de leurs niveaux d'avant-guerre, portées par la reprise du trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz malgré les risques sécuritaires persistants.

Les tankers reprennent la mer. Les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient ont retrouvé environ 98 % de leurs volumes d'avant-guerre, selon les données de suivi maritime compilées cette semaine. Le détroit d'Ormuz, par où transite près d'un cinquième du brut mondial, voit repasser un flux de navires proche de la normale. En avril, les armateurs évitaient encore la zone après une série d'incidents. Aujourd'hui, les files d'attente s'allongent à nouveau au large de Fujairah et de Ras Tanura, signe que les chargeurs ont repris leurs rotations.
Ce retour à la normale ne signifie pas que le risque a disparu. Les primes d'assurance pour les navires traversant le golfe restent supérieures de 30 à 40 % à leur niveau de janvier, selon plusieurs courtiers londoniens. Les équipages, eux, négocient des primes de zone de guerre avant d'embarquer. Cette reprise tient surtout à la demande asiatique : la Chine et l'Inde absorbent à elles seules plus de la moitié de ces volumes, et leurs raffineries ont besoin de brut lourd du golfe pour tourner à pleine capacité.
Pour les économies ouest-africaines, l'effet est indirect mais réel. Un baril de Brent qui reste sous pression à cause d'une offre moyen-orientale abondante pèse sur les recettes pétrolières du Nigeria et de l'Angola. Le Naira, déjà fragilisé, encaisse chaque dollar de baisse du brut comme un coup supplémentaire sur ses réserves de change. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus faible renchérit chaque envoi vers la zone FCFA.
Reste à savoir si ce rythme tient. Les assureurs maritimes surveillent toujours les mouvements dans le détroit et aucune grande compagnie n'a encore réintégré ses routes sans escortes. La reprise des volumes est réelle, mais elle repose sur des marges de sécurité amincies. Un seul incident sérieux à Ormuz suffirait à faire repartir les primes à la hausse et à ralentir de nouveau les tankers. Les marchés, pour l'instant, parient sur la continuité.
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