Le Brent se maintient au-dessus de 105 dollars, le détroit d'Ormuz reste sous tension
Le brut de la mer du Nord recule de 1,6 % vendredi mais tient au-dessus de 105 dollars le baril. Les efforts diplomatiques sur le détroit d'Ormuz peinent à rassurer face aux risques de perturbation durable des livraisons de pétrole au Moyen-Orient.

Le baril de Brent a terminé la semaine à 105,40 dollars, en baisse de 1,6 % sur la séance de vendredi. Un repli modeste au regard du niveau atteint : la référence européenne navigue au-dessus des 105 dollars depuis dix jours, portée par les inquiétudes sur le détroit d'Ormuz. Ce passage maritime de 39 kilomètres de large, entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, voit transiter près de 20 millions de barils par jour. Soit environ un cinquième de la consommation mondiale. Les opérateurs surveillent chaque communiqué, chaque mouvement de navire, chaque déclaration diplomatique.
Les tractations en cours entre plusieurs capitales de la région ont brièvement pesé sur les cours dans la matinée de vendredi. Des discussions sur la sécurité du trafic maritime à Ormuz ont laissé entrevoir une possible détente. Le marché n'y a pas cru longtemps. Les primes de risque restent élevées sur les contrats à terme, signe que les traders anticipent un scénario de perturbation prolongée. Les assureurs maritimes, eux, ont déjà relevé leurs tarifs pour les navires empruntant la route du golfe. Un signal qui parle plus que les déclarations officielles.
Pour les pays importateurs d'Afrique de l'Ouest, cette fermeté du Brent se répercute directement sur la facture énergétique. Le Nigeria, premier producteur africain, tire profit de cours élevés mais dépend toujours d'importations de produits raffinés. Le Ghana, le Sénégal ou la Côte d'Ivoire, eux, subissent la hausse sans compensation à l'export. Dans ce contexte, les acteurs du change suivent de près l'évolution du dollar et du naira, car chaque mouvement du baril modifie les besoins en devises des importateurs. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces.
La question n'est pas de savoir si le Brent va redescendre, mais à quelle vitesse. Les stocks stratégiques américains sont à leur plus bas niveau depuis 2023, ce qui limite la marge de manœuvre en cas d'escalade. L'Opep+ n'a pas signalé d'augmentation imminente de sa production. Tant que le dossier d'Ormuz reste ouvert, les cours devraient se maintenir dans une fourchette de 100 à 110 dollars. Un baril cher qui pèse sur les budgets des ménages et des entreprises, en Europe comme en Afrique de l'Ouest.
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