Le Brent franchit les 100 dollars après les menaces iraniennes sur les pétroliers
Le baril de Brent a dépassé 100 dollars mercredi après les tensions ravivées entre Washington et Téhéran autour du détroit d'Ormuz. Le WTI suit à 94,50 dollars, porté par les craintes sur l'approvisionnement mondial.

Le baril de Brent a clôturé au-dessus de 100 dollars mercredi, une première depuis plusieurs mois. La hausse atteint 2,2 % sur la séance, tandis que le West Texas Intermediate gagnait 1,5 % pour s'établir à 94,50 dollars. Le déclencheur : la reprise des tensions entre Washington et Téhéran, après des informations faisant état de visées iraniennes sur des navires et pétroliers américains. Le détroit d'Ormuz, par où transite près d'un cinquième du pétrole mondial, redevient le point de fixation de tous les opérateurs.
Les traders ne réagissent pas à une pénurie réelle, mais à un risque. Aucun baril n'a encore été retiré du marché. Pourtant, les primes de risque gonflent : les contrats à terme sur le brut léger américain ont enregistré leur plus forte progression journalière depuis avril. Les compagnies maritimes, elles, commencent à étudier des itinéraires alternatifs, plus longs et plus coûteux, autour du cap de Bonne-Espérance. Chaque jour de tension dans le golfe se traduit par des frais d'assurance supplémentaires pour les tankers.
Pour les pays importateurs d'Afrique de l'Ouest, la facture s'annonce lourde. Le Nigeria, premier producteur de la région, profite mécaniquement de la hausse de ses recettes pétrolières, mais doit aussi importer du carburant raffiné à des prix indexés sur le brut. Le Ghana, le Sénégal ou la Côte d'Ivoire, dépendants des importations, verront leurs coûts énergétiques grimper si le baril se maintient au-dessus de 100 dollars. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque hausse du dollar pèse sur les changes FCFA.
La suite dépendra de la réponse américaine et de la capacité de l'Iran à perturber effectivement le trafic. Un incident naval, même limité, suffirait à pousser le Brent vers 110 dollars. À l'inverse, une désescalade rapide ramènerait le baril sous les 95 dollars en quelques séances. Les marchés, eux, ont déjà intégré une prime de guerre. Reste à savoir si elle se matérialise ou se dissipe.
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