Le Brent chute à 101,71 dollars, le WTI passe sous les 100 dollars
Les cours du pétrole reculent nettement alors que les investisseurs anticipent une reprise du dialogue entre Washington et Téhéran, ce qui pourrait assouplir les sanctions sur le brut iranien.

Le baril de Brent a terminé la séance à 101,71 dollars, contre 103 dollars la veille, tandis que le WTI américain est passé sous la barre des 100 dollars pour la première fois depuis plusieurs semaines. Ce repli de près de 2 % en une journée s'explique par un changement de narratif sur le marché : les opérateurs parient de plus en plus sur une désescalade entre les États-Unis et l'Iran. Un haut responsable américain a évoqué cette semaine la possibilité d'une reprise des discussions directes, ce qui n'était plus arrivé depuis des mois. Résultat : les primes de risque géopolitique fondent, et les positions spéculatives à la hausse se dénouent.
Pour le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, cette baisse tombe mal. Le pays tire plus de 80 % de ses recettes en devises du brut, et chaque dollar perdu sur le Brent se répercute directement sur les réserves de la banque centrale. À 101 dollars, le baril reste certes au-dessus du seuil budgétaire de 2024, fixé à 77 dollars, mais la marge de manœuvre se réduit. Les raffineurs locaux, eux, y voient une aubaine : le coût des cargaisons importées baisse, ce qui pourrait alléger la facture des subventions si le gouvernement décidait de les réintroduire. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable ou plus fort réduit mécaniquement les frais de change.
Le marché reste néanmoins nerveux. Téhéran n'a pas confirmé l'ouverture de pourparlers, et Washington continue d'imposer des sanctions sur les exportations pétrolières iraniennes. Si les négociations échouent, le baril pourrait repartir à la hausse en quelques heures. À l'inverse, un accord même partiel libérerait jusqu'à un million de barils par jour supplémentaires sur le marché, selon les estimations de plusieurs banques d'investissement. Les traders surveillent aussi les stocks américains, publiés mercredi, qui devraient montrer une hausse des réserves de brut.
En Afrique de l'Ouest, les États producteurs comme le Nigeria ou le Ghana ajustent déjà leurs prévisions de recettes pour le second semestre. Une chose est sûre : la volatilité n'a pas disparu. Les cours peuvent basculer sur une simple déclaration, et les opérateurs économiques de la région le savent mieux que quiconque.
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