Lagos : un directeur d'école technique réclame plus de fonds pour la formation professionnelle
David Okechukwu, directeur de l'Institute for Industrial Technology de Lagos, appelle à davantage d'investissements dans l'enseignement technique et professionnel pour freiner le chômage des jeunes.

David Okechukwu dirige l'Institute for Industrial Technology, une école technique de Lagos. Il a pris la parole cette semaine pour dire une chose simple : le Nigeria ne forme pas assez de techniciens, et cela freine son industrie. Pour lui, la solution passe par plus d'argent injecté dans l'enseignement technique et professionnel. Un constat qui n'a rien d'abstrait : des usines tournent au ralenti faute d'électriciens qualifiés, de soudeurs, de mécaniciens capables de tenir une ligne de production.
Le pays compte environ 200 millions d'habitants, dont une majorité a moins de 30 ans. Chaque année, des centaines de milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail. Beaucoup enchaînent les petits boulots faute de compétences recherchées par les employeurs. Okechukwu insiste sur un point souvent négligé : la formation ne suffit pas si elle ne s'accompagne pas d'une éthique de travail. Il parle de rigueur, de ponctualité, de respect des consignes de sécurité. Des qualités qui font la différence entre un diplômé embauchable et un CV qui dort dans un tiroir.
Le discours n'est pas isolé. Les industriels nigérians répètent depuis des années que le pays importe des compétences qu'il pourrait former sur place. Le bâtiment, l'agroalimentaire, la maintenance pétrolière recrutent des expatriés pour des postes techniques que peu de Nigérians occupent. Investir dans les écoles comme l'IIT coûte cher au départ, mais chaque technicien formé reste dans le pays, paie des impôts et fait tourner l'économie locale. C'est un calcul que les autorités fédérales et les États commencent à intégrer, mais les budgets restent loin des besoins.
La question du financement reste entière. Les établissements techniques publics dépendent de subventions irrégulières, et les frais de scolarité des écoles privées excluent les familles modestes. Okechukwu ne propose pas de recette miracle. Il demande que l'enseignement technique cesse d'être le parent pauvre du système éducatif nigérian. Tant que les investissements ne suivront pas, les usines continueront de chercher ailleurs la main-d'œuvre qu'elles ne trouvent pas ici.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Zones franches nigérianes : 200 milliards de dollars d'investissements et 500 000 emplois
Le gouvernement nigérian annonce que ses zones franches ont attiré plus de 200 milliards de dollars d'investissements étrangers et généré 500 000 emplois directs et indirects.

Diaspora nigériane : les obstacles persistent pour investir dans l'IPO de Dangote
Malgré l'engouement pour l'introduction en bourse de Dangote Refinery, les Nigérians de l'étranger peinent à souscrire. Le CEO de Zinnc pointe des barrières structurelles et un déficit de confiance.

Les 36 États nigérians tirent 114 milliards de nairas des taxes routières en trois ans
Entre 2023 et 2025, les États nigérians ont encaissé 113,94 milliards de nairas de taxes routières, selon le NBS. Une collecte en dents de scie, avec un pic à 49,88 milliards en 2025.