Lagos retire leurs licences à six opérateurs privés de collecte des déchets
La LAWMA a révoqué les licences de six opérateurs PSP jugés incapables d'assurer la collecte des déchets. Une décision qui intervient alors que Lagos produit plus de 13 000 tonnes de déchets par jour.

La Lagos Waste Management Authority (LAWMA) a retiré leurs licences à six opérateurs privés de collecte des déchets, selon un communiqué publié cette semaine. En cause : leur incapacité à assurer le service dans les zones qui leur étaient attribuées. La décision concerne des zones précises de la mégapole, où les habitants se plaignent depuis des mois de voir les ordures s'accumuler. Lagos produit plus de 13 000 tonnes de déchets par jour, un volume que les seuls services publics ne peuvent absorber.
Le système de Private Sector Participation repose sur des entreprises privées qui signent des contrats avec l'État pour collecter les déchets dans des quartiers définis. Ces opérateurs facturent directement les résidents, souvent entre 5 000 et 15 000 nairas par mois selon la zone. Quand l'un d'eux ne remplit pas sa part du contrat, c'est tout un quartier qui se retrouve sans service — et les tas d'ordures deviennent des problèmes sanitaires. La LAWMA n'a pas précisé si ces licences seront réattribuées à de nouveaux entrants ou à des opérateurs déjà en place.
Cette décision s'inscrit dans une série de sanctions prises par les autorités de Lagos contre des opérateurs défaillants. En 2023, la LAWMA avait déjà révoqué les licences de plusieurs PSP pour des manquements similaires. Le régulateur veut envoyer un message clair : le contrat n'est pas un droit acquis. Pour les habitants des zones concernées, le ramassage devrait reprendre une fois que de nouveaux opérateurs seront désignés. Mais l'expérience montre que ces transitions prennent souvent plusieurs semaines.
Lagos reste l'une des villes les plus dynamiques d'Afrique, mais sa gestion des déchets reste un chantier permanent. La croissance démographique — plus de 20 millions d'habitants — dépasse les capacités des infrastructures. Les autorités misent sur le privé pour combler le retard, mais la qualité de service dépend largement de la solidité financière des opérateurs. Sans moyens suffisants, beaucoup abandonnent ou réduisent la voilure. Le retrait de ces six licences pose une question simple : qui prendra le relais, et avec quels moyens ?
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