Lagos : le déficit de logements se creuse, entre financement coûteux et revenus en berne
À Lagos, la demande de logements reste forte, mais les promoteurs peinent à suivre : crédits courts, coûts de construction en hausse et pouvoir d'achat limité freinent l'offre. Le déficit s'accentue, avec des conséquences directes sur les loyers et l'accès au logement.

Lagos affiche l'un des déficits de logements les plus criants d'Afrique de l'Ouest, et pourtant, la demande ne faiblit pas. La ville attire chaque année des milliers de nouveaux habitants, mais les promoteurs n'arrivent pas à suivre. Le problème ne vient pas d'un manque de projets, mais d'un accès au financement à court terme, souvent trop cher et trop rigide pour des chantiers qui s'étalent sur plusieurs années.
Les coûts de construction ont grimpé de près de 30 % en deux ans, tirés par le prix du ciment, de l'acier et du carburant. Dans le même temps, les revenus des ménages stagnent, et beaucoup de Lagosiens ne peuvent plus se permettre les logements neufs. Résultat : les promoteurs réduisent la voilure ou se tournent vers le haut de gamme, laissant la classe moyenne sur le carreau. Le taux de change n'arrange rien, car une partie des matériaux est importée, et la dépréciation du naira renchérit encore la facture. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, et des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces.
Face à cette impasse, certains promoteurs innovent : ils proposent des paiements échelonnés, des formules de location-vente, ou cherchent des partenariats avec des fonds d'investissement étrangers. Mais ces solutions restent marginales. Les banques locales, elles, se montrent prudentes, exigeant des garanties solides et des apports élevés, ce qui exclut de nombreux acteurs. Le gouvernement de l'État de Lagos, de son côté, promet des réformes foncières et des incitations fiscales, mais les résultats tardent à se matérialiser.
Au final, le déficit de logements à Lagos n'est pas près de se résorber. Tant que le financement restera cher et les revenus faibles, l'écart entre l'offre et la demande continuera de se creuser. Les loyers, eux, devraient poursuivre leur hausse, surtout dans les quartiers centraux, accentuant la pression sur les ménages les plus modestes. Une équation que Lagos devra résoudre rapidement, sous peine de voir sa croissance urbaine se transformer en crise sociale.
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