Lagos capte 34 % des 5 150 milliards de nairas de recettes internes des États nigérians
En 2025, les 36 États et le territoire fédéral ont généré 5 150 milliards de nairas de recettes internes. Lagos en concentre à lui seul plus du tiers, loin devant les autres.

Lagos a collecté à lui seul 34 % des recettes internes générées par les 36 États nigérians et le Territoire de la capitale fédérale en 2025. Le total s'élève à 5 150 milliards de nairas, selon les données compilées sur l'année. La performance du géant économique nigérian n'a rien d'une surprise : il abrite le port d'Apapa, les sièges des grandes banques et la plus forte concentration d'entreprises du pays. Mais l'écart avec les autres États reste frappant. Aucun autre État ne dépasse les 10 % du total. Rivers, dans le delta du Niger, et Ogun, adossé à Lagos, suivent de loin.
Cette concentration pose un problème structurel. La plupart des États nigérians dépendent encore des allocations mensuelles du gouvernement fédéral, issues en grande partie des revenus pétroliers. Quand le cours du brut recule ou que la production chute, les budgets locaux encaissent directement le choc. Lagos, lui, tire ses recettes de la taxe sur la valeur ajoutée, de l'impôt sur le revenu des salariés et des frais administratifs. Un modèle plus résilient, mais que peu d'États parviennent à répliquer. Kano, Kaduna ou Anambra, pourtant densément peuplés, restent loin derrière.
La dépendance aux transferts fédéraux pèse aussi sur le change. Quand un État ne génère pas assez de recettes propres, il finance ses projets par des emprunts ou des subventions fédérales, ce qui alimente la pression sur les réserves en devises. À l'inverse, un État comme Lagos qui collecte localement réduit son recours aux financements extérieurs. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la solidité des finances locales influence indirectement la stabilité du naira.
Reste à savoir si les autres États suivront. Plusieurs ont annoncé des réformes fiscales en 2024 et 2025 : élargissement de l'assiette, digitalisation des paiements, recouvrement forcé auprès des entreprises informelles. Les résultats restent timides. Sans base industrielle ni services financiers comparables à ceux de Lagos, la marge de manœuvre est étroite. Le débat sur une meilleure répartition des recettes fédérales reviendra sur la table. En attendant, Lagos continue de creuser l'écart, année après année.
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