La Zambie voit son inflation tomber à 6,1 %, plus bas depuis huit ans
L'inflation annuelle zambienne a reculé pour un neuvième mois consécutif, à 6,1 % en septembre. Ce niveau, inédit depuis huit ans, renforce les attentes d'une quatrième baisse des taux directeurs.

L'inflation zambienne est descendue à 6,1 % sur un an en septembre, a annoncé l'agence nationale de statistiques. C'est le neuvième mois d'affilée que les prix ralentissent. Le pays n'avait pas connu un taux aussi bas depuis 2016. La décrue tient surtout à la stabilité du kwacha et à une bonne saison agricole, qui a fait baisser les prix alimentaires. Le maïs, base de l'alimentation locale, a vu ses prix reculer de près de 15 % sur un an, selon les relevés de l'agence.
Cette tendance place la banque centrale dans une position confortable. En août, elle avait déjà ramené son taux directeur à 13,5 %, la troisième baisse de l'année. Les analystes de Lusaka s'attendent désormais à un nouvel assouplissement lors de la réunion de novembre. L'objectif affiché par la Banque de Zambie est de ramener l'inflation dans une fourchette de 6 à 8 % à moyen terme. Le pays sort peu à peu de la crise monétaire de 2021, quand l'inflation avait dépassé les 24 % et que le kwacha avait perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar.
Le contexte régional reste toutefois fragile. La Zambie demeure sous programme du FMI, avec une dette extérieure lourde à restructurer. Une baisse supplémentaire des taux pourrait soutenir le crédit aux entreprises et aux ménages, mais elle risque aussi de peser sur le kwacha si les capitaux étrangers se détournent. Pour les opérateurs économiques de la sous-région, la stabilité retrouvée de la monnaie zambienne redessine les flux commerciaux avec les voisins, notamment la RDC et le Zimbabwe, qui commercent beaucoup en kwacha dans les zones frontalières.
La prochaine décision de politique monétaire, prévue le 27 novembre, sera scrutée bien au-delà de Lusaka. Si la banque centrale abaisse encore son taux, la Zambie confirmera son retour progressif vers une économie plus prévisible. Mais le pays reste dépendant du cuivre, dont les cours mondiaux déterminent en grande partie ses recettes en devises. Une chute des prix du métal rouge suffirait à renverser la tendance. Pour l'instant, les chiffres de septembre donnent raison à la stratégie prudente de la banque centrale.
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