La Lagos Free Zone courtise les industriels indiens pour produire localement
La Lagos Free Zone veut convaincre les entreprises indiennes de passer du négoce à la fabrication sur place, pour vendre au Nigeria et exporter, alors que le pays cherche à réduire ses importations.

La Lagos Free Zone a lancé un appel direct aux entreprises indiennes : arrêtez de vous contenter d'importer et venez fabriquer sur le sol nigérian. Le message a été porté cette semaine auprès d'opérateurs indiens, dans un contexte où le Nigeria veut retenir sur place une part plus large de la valeur ajoutée. La zone franche, adossée au port de Lekki, mise sur ses infrastructures et son accès maritime pour attirer des lignes de production plutôt que de simples circuits de distribution. L'objectif affiché : que les industriels indiens produisent pour le marché nigérian, mais aussi pour l'export depuis le Nigeria.
Le calcul est simple. Le Nigeria importe massivement des biens manufacturés, y compris en provenance d'Inde, alors que sa monnaie a perdu de sa valeur et que les coûts d'importation pèsent sur les entreprises. Fabriquer sur place permet de contourner une partie de ces frais et de se rapprocher des 220 millions de consommateurs nigérians. La Lagos Free Zone vante aussi un régime fiscal avantageux et une intégration au port en eau profonde de Lekki, entré en service en 2023. Pour les industriels indiens, l'argument tient moins du discours que du calcul de rentabilité.
Le pari reste ambitieux. Le Nigeria traîne une réputation de difficultés logistiques, d'accès au dollar compliqué et d'instabilité réglementaire. Des groupes comme Dangote ont montré qu'une production locale à grande échelle pouvait fonctionner, mais le chemin reste long pour convaincre des investisseurs étrangers de s'engager dans des usines. La zone franche devra prouver que l'électricité, le transport et la douane tiennent la cadence. Sur ce terrain, la concurrence régionale est réelle : d'autres pays africains courtisent les mêmes capitaux.
Si la stratégie fonctionne, elle pourrait réduire la dépendance nigériane aux importations et créer des emplois industriels. Elle offrirait aussi aux entreprises indiennes une base arrière pour servir l'Afrique de l'Ouest, sans passer par des chaînes d'approvisionnement longues et coûteuses. Le vrai test sera le nombre d'usines effectivement sorties de terre dans les prochains mois, pas les intentions affichées lors des rencontres.
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