La Gambie veut gambianiser ses banques, le Nigeria monte au créneau
La Commission des Nigérians de la diaspora demande à la Banque centrale gambienne de revenir sur sa directive obligeant les banques étrangères à remplacer leurs employés non-gambiens d'ici fin 2026. 57 Nigérians sont directement concernés.

La Banque centrale de Gambie a fixé une échéance : le 31 décembre 2026, les banques étrangères opérant dans le pays devront avoir remplacé leurs salariés non-gambiens par des nationaux qualifiés. La directive, émise le 16 septembre, vise explicitement les établissements détenus par des capitaux étrangers. Elle n'a pas tardé à faire des vagues à Abuja. La Commission des Nigérians de la diaspora (NiDCOM) a publiquement demandé son retrait, mardi, par la voix de sa présidente Abike Dabiri-Erewa.
Le chiffre qui donne le ton de la controverse : 57. C'est le nombre de Nigérians employés dans le secteur bancaire gambien que cette mesure contraindrait à quitter leur poste. Pour NiDCOM, l'affaire dépasse le simple cadre de l'emploi. Elle touche à la coopération économique entre deux pays voisins, où les échanges de services et les flux de travailleurs circulent depuis des décennies. Banjul, de son côté, défend une logique de souveraineté : former et promouvoir des cadres gambiens dans un secteur stratégique longtemps dominé par des expatriés.
La tension illustre un phénomène plus large en Afrique de l'Ouest. Plusieurs capitales cherchent à reprendre la main sur leur marché du travail, en particulier dans la finance, où les compétences locales montent en puissance. Mais la méthode — un remplacement forcé avec date butoir — inquiète les investisseurs étrangers. Les banques nigériennes, très présentes dans la sous-région, y voient un précédent fâcheux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur la mobilité professionnelle et le coût des transferts de revenus entre les deux pays.
Reste à savoir si Banjul reculera. La Gambie dépend fortement des capitaux et de l'expertise étrangère pour faire tourner son secteur bancaire. Une application stricte de la directive pourrait fragiliser des établissements déjà sous pression. NiDCOM, elle, joue la carte diplomatique et attend une réponse formelle de la Banque centrale gambienne. En attendant, les 57 salariés nigérians concernés travaillent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
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