La CBN surprend en baissant son taux directeur de 26,5 % à 23 %
La banque centrale du Nigeria a réduit son taux directeur de 26,5 % à 23 %, une première en près de vingt ans. Les experts saluent une mesure pro-croissance, mais redoutent des pressions sur le Naira.

La Banque centrale du Nigeria a abaissé son taux directeur de 26,5 % à 23 %, une décision qui a pris de court les marchés. C'est la première baisse d'une telle ampleur depuis près de vingt ans. Le communiqué est tombé mardi, à l'issue de la réunion du Comité de politique monétaire à Abuja. Personne ne l'avait vu venir : les analystes tablaient sur un statu quo, convaincus que l'inflation, encore au-dessus de 30 % en glissement annuel, interdirait tout assouplissement. La CBN, elle, a choisi de miser sur la croissance.
Les économistes saluent l'intention. À 23 %, le crédit devient moins cher pour les entreprises, qui étouffent sous des taux à deux chiffres depuis des mois. Les PME, en particulier, devraient respirer : le coût du financement était devenu un obstacle majeur à l'investissement. Mais la baisse fait aussi courir un risque. Un taux directeur plus bas rend le Naira moins attractif pour les capitaux étrangers, déjà prudents. La monnaie pourrait s'affaiblir sur le marché des changes, alors qu'elle se bat pour rester sous les 1 500 nairas pour un dollar. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
Le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, défend une stratégie de relance. Son argument : l'inflation ralentit depuis trois mois, et il faut éviter d'étouffer la reprise naissante. Les marchés obligataires ont réagi immédiatement, avec une détente sur les rendements des bons du Trésor. Mais les importateurs, eux, restent sur leurs gardes. Beaucoup cherchent à figer leurs taux de change dès qu'une fenêtre s'ouvre, de peur de voir le Naira glisser dans les semaines qui viennent. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces.
La vraie question est de savoir si la CBN pourra tenir ce cap. Une baisse des taux dans un pays où l'inflation reste élevée est un pari risqué. Si les prix repartent à la hausse, la banque centrale devra revenir en arrière, au prix de sa crédibilité. Si la croissance redémarre sans dérapage monétaire, elle aura gagné. Les prochains mois diront si ce pari était le bon. En attendant, les opérateurs économiques ajustent leurs stratégies, entre espoir de jours meilleurs et prudence sur le front des changes.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Airtel Money fixera en octobre le prix de son introduction à Londres
Airtel Money, la branche mobile money du groupe Airtel Africa, dévoilera en octobre la fourchette de prix et le nombre d'actions de son introduction en Bourse à Londres, une opération très attendue par les investisseurs.

Sept gouverneurs du Nord-Ouest nigérian s'unissent pour un plan de paix 2026-2030
Les gouverneurs des sept États du Nord-Ouest ont adopté un cadre commun de paix et de développement sur cinq ans, et cherchent des financements internationaux pour l'appliquer.

Nigeria : les chauffeurs de camions d'huile alimentaire suspendent leur grève
Le syndicat des conducteurs de camions-citernes d'huile alimentaire a annulé son mouvement prévu, après l'intervention du gouvernement fédéral et des services secrets. La pénurie évitée de justesse dans un secteur sous tension.