La CBN poursuit sa ponction : 1 140 milliards de nairas retirés du système bancaire en octobre
La banque centrale du Nigeria a retiré environ 3 310 milliards de nairas via ses opérations d'open market le 6 octobre, soit un assèchement net de 1 140 milliards après maturité des titres. Une ponction qui prolonge celle de septembre, estimée à 6 620 milliards.

La Banque centrale du Nigeria ne lâche pas le robinet. Le 6 octobre, elle a retiré environ 3 310 milliards de nairas du système bancaire par le biais de ses adjudications d'Open Market Operations. Dans le même temps, 2 170 milliards de titres arrivaient à échéance. Résultat : un assèchement net de 1 140 milliards de nairas en une seule journée. Cette opération prolonge une séquence entamée en septembre, où la CBN avait déjà drainé 6 620 milliards de nairas. Les banques commerciales se retrouvent donc avec moins de liquidités pour prêter, ce qui renchérit mécaniquement le coût du crédit sur le marché interbancaire.
Pourquoi une telle ponction ? La réponse tient en un mot : l'inflation. Elle reste élevée au Nigeria, portée par les prix alimentaires et l'énergie. En retirant des nairas de la circulation, la CBN cherche à contenir la pression sur les prix et à stabiliser le taux de change. Mais l'exercice est délicat. Trop de rigueur étouffe l'activité des PME, qui peinent déjà à se financer. Pas assez, et l'inflation repart. Le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, a répété que la priorité restait la stabilité des prix, même si cela implique de serrer la vis pendant plusieurs mois encore.
Les effets se font déjà sentir. Les taux du marché monétaire grimpent, et les banques arbitrent entre prêter à l'État via les bons du Trésor — rémunérateurs et sans risque — ou financer l'économie réelle. Ce réflexe détourne des capitaux du secteur productif. Pour les opérateurs et la diaspora, ce resserrement influence aussi le change : moins de nairas en circulation soutient la devise, mais la volatilité reste forte. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces.
La question qui monte chez les analystes : combien de temps la CBN peut-elle tenir ce rythme ? Chaque adjudication absorbe des liquidités que les banques pourraient prêter aux entreprises. Si l'inflation ne reflue pas d'ici la fin de l'année, la banque centrale devra choisir entre poursuivre l'assèchement et éviter un coup de frein trop brutal sur la croissance. Le prochain comité de politique monétaire, prévu en novembre, donnera le ton. D'ici là, les trésoreries bancaires resteront sous tension.
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