La CBN baisse ses taux de 350 points, mais les banques nigérianes empruntent toujours à plus de 17 %
La Banque centrale du Nigeria a réduit son taux directeur de 350 points de base en septembre. Pourtant, les rendements offerts aux banques sur le marché restent supérieurs à 17 %, signe que la transmission monétaire patine.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a abaissé son taux directeur de 350 points de base en septembre, le ramenant à 26,25 %. Une décision qui visait à stimuler le crédit et à alléger le coût du financement pour les entreprises. Mais sur le marché, l'effet se fait attendre. Les banques continuent d'obtenir des rendements supérieurs à 17 % sur les titres publics et les placements de trésorerie, bien au-dessus du taux directeur. Autrement dit, la baisse annoncée n'a pas encore fait baisser le loyer de l'argent pour les établissements de crédit.
Cette situation s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, l'inflation reste élevée au Nigeria, autour de 33 % en glissement annuel. Les investisseurs exigent donc une prime de risque importante pour prêter à l'État ou aux banques. Ensuite, la liquidité bancaire demeure abondante, mais les banques préfèrent la placer sur des titres courts et rémunérateurs plutôt que de la prêter à l'économie réelle. Enfin, la CBN elle-même continue d'offrir des taux attractifs sur ses facilités de dépôt, ce qui maintient une concurrence artificielle avec le secteur privé. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les taux de change restent sous pression.
Les banques nigériane, elles, ne se plaignent pas. Elles continuent d'engranger des marges confortables sur leurs placements, sans prendre de risque de crédit excessif. Mais cette situation pose question : à quoi bon baisser le taux directeur si le marché ne suit pas ? La CBN devra sans doute ajuster ses propres instruments pour que sa politique monétaire se transmette réellement à l'économie. En attendant, les entreprises et les ménages, eux, continuent de payer cher pour emprunter.
La prochaine réunion du comité de politique monétaire, prévue en novembre, sera scrutée. Les analystes s'attendent à ce que la CBN précise sa stratégie pour aligner les taux du marché sur son objectif. Sans cela, la baisse de septembre restera un coup d'épée dans l'eau. Le Nigeria a besoin d'un crédit abordable pour relancer la production et contenir l'inflation. Pour l'instant, le compte n'y est pas.
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