La CBN appelle les Nigérians à traiter le Naira avec dignité
La banque centrale du Nigeria exhorte les commerçants à manipuler les billets avec soin pour prolonger leur durée de vie et réduire les coûts de remplacement des coupures usées.

La Banque centrale du Nigeria a lancé un appel direct aux commerçants et à l'ensemble des Nigérians : prenez soin de vos billets de naira. Lundi, à Kano, le Dr Adedeji Adetona, directeur des opérations monétaires et de la gestion des agences, a insisté sur la nécessité de manipuler la monnaie avec fierté et dignité. L'objectif est simple : allonger la durée de vie des coupures et faire baisser la facture que représente leur remplacement. Chaque année, la CBN dépense des sommes considérables pour imprimer de nouveaux billets et retirer de la circulation ceux qui sont sales, déchirés ou mutilés. Ces coûts pèsent sur les finances publiques et, en bout de chaîne, sur l'économie réelle.
Le problème n'est pas anodin. Dans un pays où l'argent liquide reste roi pour une grande partie des transactions quotidiennes, la qualité des billets se dégrade vite. Les commerçants, les transporteurs, les marchés de quartier manipulent des liasses entières chaque jour. Résultat : des coupures qui partent en lambeaux en quelques mois, et une banque centrale obligée de réimprimer plus souvent que nécessaire. La CBN tente donc de jouer sur le comportement des usagers plutôt que sur la répression. Une approche qui rappelle les campagnes de sensibilisation menées ailleurs, mais qui, au Nigeria, se heurte à une réalité brutale : quand l'inflation ronge le pouvoir d'achat et que les petites coupures disparaissent, les billets s'usent encore plus vite.
Pour les opérateurs de transfert et les plateformes de change, cette question de la qualité des billets n'est pas qu'un détail logistique. Un billet abîmé peut être refusé par un cambiste ou un commerçant, compliquant les échanges au quotidien. Pour la diaspora ouest-africaine, qui envoie régulièrement des fonds vers le Nigeria, cette réalité s'ajoute aux frais de transfert et aux taux de change déjà scrutés de près. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, mais la qualité physique des billets reste un maillon faible dans la chaîne des paiements en espèces.
Au-delà de l'appel à la dignité, la CBN devra sans doute aller plus loin. La sensibilisation ne suffira pas si les distributeurs automatiques continuent de cracher des billets usés et si les banques ne jouent pas le jeu du recyclage. Le vrai enjeu, c'est de faire baisser structurellement le coût de la monnaie fiduciaire dans un pays de plus de 200 millions d'habitants. Une monnaie qui inspire confiance, c'est aussi une monnaie qui se tient. La CBN le sait : la fierté nationale commence par des billets en bon état.
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