La Bourse de Lagos amorce un nouveau cycle de croissance, selon son patron
Temi Popoola, directeur général du Nigerian Exchange Group, estime que le marché des capitaux nigérian entre dans une nouvelle phase d'expansion, portée par les réformes et les entrées en bourse attendues.

Le marché boursier nigérian change de dimension. Temi Popoola, qui dirige le Nigerian Exchange Group, a déclaré cette semaine que la place de Lagos entrait dans une nouvelle phase de croissance. Il s'exprimait à un moment où l'indice NGX All-Share enchaîne les records, porté par les banques et les valeurs industrielles. Les investisseurs locaux, privés de rendements corrects sur les obligations d'État, se tournent vers les actions. Les volumes d'échanges ont grimpé, et plusieurs sociétés préparent leur introduction en bourse. Le discours du patron de la NGX ne relève donc pas de la communication : il accompagne un mouvement déjà enclenché.
Le contexte monétaire explique en partie cet élan. Depuis la libéralisation du naira en juin 2023, la devise a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar. Les rendements obligataires, eux, ont bondi avant de se stabiliser. Résultat : les actions offrent une protection contre l'inflation, qui tourne autour de 33 % sur un an. Les investisseurs institutionnels nigérians, fonds de pension en tête, augmentent leur exposition à la cote. Ce basculement profite aussi aux fintechs et aux valeurs télécoms, très suivies par la diaspora. Pour les épargnants de la zone, cette dynamique boursière modifie le calcul du rendement réel des transferts vers le Nigeria.
Reste à transformer l'essai. La capitalisation de la NGX, autour de 55 000 milliards de nairas, ne représente encore qu'une fraction du PIB nigérian. Beaucoup d'entreprises familiales hésitent à ouvrir leur capital, par crainte de perdre le contrôle ou de se plier aux exigences de transparence. La régulation, bien que modernisée, pâtit encore d'une réputation de lourdeur. Et l'instabilité du naira complique la tâche des investisseurs étrangers, qui doivent intégrer un risque de change élevé dans leurs calculs. Popoola le sait : la croissance ne sera durable que si la confiance revient sur le long terme.
La Bourse de Lagos a connu des faux départs par le passé. Les réformes de 2023 sur les changes et la fin des subventions sur l'essence ont créé un choc, mais aussi un cadre plus lisible pour les investisseurs. Les prochaines introductions en bourse, notamment dans les télécoms et l'agroalimentaire, serviront de test. Si elles réussissent, elles attireront des capitaux étrangers qui boudent le Nigeria depuis des années. Le pays a besoin de ce financement pour ses infrastructures et son industrie. La balle est dans le camp des entreprises et des régulateurs.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

La BAD veut réduire les coûts d'emprunt des pays africains grâce à de meilleures données souveraines
La Banque africaine de développement lance une initiative pour aider les gouvernements à améliorer leur notation souveraine en produisant des données plus fiables, afin de faire baisser les taux d'intérêt sur les marchés internationaux.

La Bourse de Lagos perd 262 milliards de nairas en une séance
L'indice All-Share de la NGX a reculé de 0,16 % vendredi, clôturant à 250 808,27 points. La capitalisation boursière a fondu de 262 milliards de nairas, plombée par les valeurs bancaires et industrielles.

L'Argentine vend sa nationalité pour 350 000 dollars d'investissement
Le gouvernement argentin lance un programme de citoyenneté par investissement : au moins 350 000 dollars injectés dans le pays ouvrent droit à un passeport. Une réponse à la crise économique et à la fuite des capitaux.