La Banque mondiale voit le surplus courant du Nigeria grimper à 6 % du PIB en 2026
L'institution relève aussi la croissance nigériane à 4,4 % pour 2027, portée par la stabilité macroéconomique et un excédent extérieur qui se creuse.

Le Nigeria devrait dégager un excédent de son compte courant équivalent à 6 % de son produit intérieur brut en 2026, contre 4,8 % aujourd'hui. La Banque mondiale a publié cette projection dans sa dernière note sur le pays, en relevant au passage sa prévision de croissance à 4,4 % pour 2027. L'excédent courant mesure ce qu'un pays gagne en devises sur ses échanges avec l'extérieur, une fois les importations payées. Pour Abuja, ce matelas compte : il allège la pression sur les réserves de change et donne de l'air à un Naira qui a connu des mois difficiles.
Ce surplus ne sort pas de nulle part. Il repose surtout sur le pétrole brut, dont les cours se maintiennent à des niveaux corrects, et sur une production qui remonte après des années de vols et de sabotages sur les pipelines du delta. La raffinerie Dangote, à Lekki, absorbe une partie de la production locale et réduit la facture des importations de carburant — un poste qui pesait lourd dans la balance. Résultat : le pays exporte plus qu'il n'achète, et l'argent reste dans le circuit. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
La Banque mondiale souligne aussi les progrès sur le front macroéconomique. L'inflation reste élevée, mais elle décélère. La banque centrale a cessé de défendre artificiellement le Naira et laisse le taux se rapprocher de sa valeur de marché. Les investisseurs étrangers reviennent progressivement sur les titres publics nigérians, attirés par des rendements réels redevenus positifs. Cette combinaison — excédent extérieur, taux plus crédible, inflation qui reflue — explique le relèvement de la prévision de croissance à 4,4 % pour 2027.
Reste que ces chiffres restent fragiles. Ils dépendent du prix du baril, de la stabilité sécuritaire dans le delta et de la capacité du gouvernement à ne pas retomber dans les déficits financés par la planche à billets. La Banque mondiale le rappelle à sa manière : la trajectoire est bonne, mais elle n'est pas acquise. Le Nigeria a déjà connu des embellies suivies de rechutes. Cette fois, la différence tient à la réforme du change et à la remontée de la production locale. Si ces deux piliers tiennent, l'excédent de 6 % en 2026 n'a rien d'irréaliste.
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