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La Banque mondiale veut quintupler ses financements miniers à 19 milliards de dollars

L'institution vise 19 milliards de dollars de financements pour les métaux et minerais d'ici 2030, contre environ 4 milliards aujourd'hui, afin d'aider les pays en développement riches en ressources à transformer leurs gisements en prospérité durable.

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Rédaction SendXOF

Publié le 2 novembre 2026

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La Banque mondiale veut quintupler ses financements miniers à 19 milliards de dollars

La Banque mondiale met le paquet sur les minerais. L'institution veut faire passer ses financements au secteur des métaux et des minerais de quelque 4 milliards de dollars aujourd'hui à 19 milliards d'ici 2030. L'objectif : aider les pays en développement riches en gisements à tirer davantage de leurs ressources, au lieu de se contenter d'exporter des matières brutes. La transition énergétique mondiale — éoliennes, panneaux solaires, batteries — dope la demande de cuivre, de lithium, de cobalt ou de nickel. Les pays qui possèdent ces minerais dans leur sous-sol ont une carte à jouer, à condition de pouvoir financer l'exploration, les infrastructures et les capacités locales de transformation.

Le discours de la Banque mondiale n'est pas nouveau, mais l'échelle change. Pendant des décennies, les institutions de développement ont surtout financé des mines à ciel ouvert, avec des retombées limitées pour les populations locales. Cette fois, l'accent est mis sur la chaîne de valeur complète : extraction, raffinage, transformation. L'idée est de capter une partie de la valeur ajoutée sur place, plutôt que de la laisser filer vers les fonderies asiatiques ou européennes. Pour les pays africains producteurs, c'est un enjeu de taille : le cobalt de la RDC ou le lithium du Zimbabwe partent souvent brut, faute d'usines locales.

Reste à voir comment cet argent sera décaissé. La Banque mondiale parle de garanties, de prêts et de partenariats public-privé. Les besoins sont énormes : un projet minier sérieux coûte des centaines de millions, voire des milliards de dollars. Les États africains, souvent endettés, ne peuvent pas porter seuls ces investissements. L'institution espère attirer des capitaux privés en réduisant les risques. Mais les critiques rappellent que les précédents programmes miniers ont parfois laissé des cicatrices : déplacements de populations, atteintes à l'environnement, contrats opaques. La Banque mondiale promet cette fois des garde-fous sociaux et environnementaux plus stricts.

Le calendrier est ambitieux : multiplier les financements par cinq en six ans. Dans un contexte de taux d'intérêt élevés et de budgets publics sous tension, l'objectif paraît difficile à tenir. Mais il traduit une réalité : la demande mondiale de minerais critiques ne faiblit pas, et les pays riches en ressources n'ont pas d'autre choix que de mieux négocier leurs contrats et de bâtir des chaînes de valeur locales. La Banque mondiale veut être le catalyseur de cette transformation. Les premiers projets concrets devraient être annoncés dans les prochains mois, notamment en Afrique subsaharienne, où se concentre une bonne partie des réserves mondiales de cobalt, de manganèse et de graphite.

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