Afrique subsaharienne : la Banque mondiale prévoit une croissance du PIB par habitant de 1,8 % en 2026
La Banque mondiale projette une hausse du PIB par habitant de 1,8 % en 2026 en Afrique subsaharienne, mais près de la moitié de la population vivra encore sous le seuil de pauvreté, avec un taux estimé à 47,8 %.

La Banque mondiale a publié ses nouvelles projections pour l'Afrique subsaharienne : le produit intérieur brut par habitant devrait progresser de 1,8 % en 2026. Un chiffre qui peut sembler encourageant après des années de stagnation, mais qui reste fragile. Car dans le même temps, l'institution basée à Washington estime que 47,8 % de la population de la région vivra encore sous le seuil de pauvreté. Autrement dit, près d'un habitant sur deux ne verra pas d'amélioration concrète de son niveau de vie, malgré la croissance. Cette dichotomie entre croissance économique et réduction de la pauvreté n'est pas nouvelle, mais elle s'accentue.
Plusieurs facteurs expliquent cet écart. La croissance démographique reste forte, autour de 2,5 % par an, ce qui absorbe une grande partie de la hausse du PIB. Ensuite, la nature de cette croissance est souvent peu inclusive : elle profite aux secteurs extractifs et urbains, tandis que les zones rurales et l'économie informelle restent à la traîne. La Banque mondiale souligne aussi que l'inflation et la dépréciation des monnaies locales rognent le pouvoir d'achat des ménages. Dans ce contexte, les transferts d'argent de la diaspora jouent un rôle crucial pour les familles. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, alors que les besoins d'argent frais augmentent.
Les gouvernements de la région sont appelés à réagir. La Banque mondiale recommande des réformes structurelles pour stimuler la productivité agricole, améliorer la collecte des impôts et investir dans l'éducation. Mais les marges de manœuvre budgétaires sont limitées : la dette publique a explosé dans plusieurs pays comme le Ghana, le Nigeria ou la Zambie. Les taux d'intérêt élevés à l'échelle mondiale renchérissent le coût des emprunts. Résultat : les États hésitent à augmenter les dépenses sociales, alors que la pression démographique s'intensifie.
Cette projection à 1,8 % de croissance du PIB par habitant en 2026 reste en dessous des niveaux nécessaires pour faire reculer significativement la pauvreté. Pour atteindre les objectifs de développement durable, il faudrait une croissance annuelle du PIB par habitant d'au moins 4 à 5 %, selon les économistes. La route est donc encore longue. En attendant, les populations continueront de compter sur les transferts, le secteur informel et l'agriculture vivrière pour survivre. La Banque mondiale appelle à un sursaut, mais les défis structurels demeurent.
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