La Banque du Ghana maintient son taux directeur à 14 % pour la troisième fois
La Banque du Ghana a laissé son taux directeur inchangé à 14 % pour la troisième réunion consécutive, invoquant les tensions mondiales qui menacent les perspectives d'inflation.

La Banque du Ghana a décidé de ne pas toucher à son taux directeur. Il reste à 14 % pour la troisième réunion d'affilée. La décision a été annoncée ce lundi par le comité de politique monétaire, qui se réunit tous les deux mois. Le pays tente de contenir une inflation qui reste élevée, autour de 23 % sur un an en mars, selon les dernières données de l'institut d'émission. Accra avait déjà procédé à une série de hausses agressives entre 2021 et 2023, faisant passer le taux de 14,5 % à 30 % à un moment où les prix flambaient. Depuis, la banque centrale a entamé un cycle de détente, ramenant le taux à 14 % en janvier dernier. Mais cette fois, elle marque une pause.
Le comité explique sa décision par l'incertitude qui pèse sur l'économie mondiale. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et en mer Rouge, perturbent les chaînes d'approvisionnement et font grimper les prix des importations. Le Ghana, qui importe une grande partie de ses biens de consommation et de ses carburants, est directement exposé. La dépréciation du cedi face au dollar ces derniers mois renchérit aussi la facture. Dans ce contexte, la banque centrale préfère observer avant de baisser davantage les taux. Elle craint qu'un assouplissement trop rapide ne relance l'inflation, déjà alimentée par les coûts du transport et de l'énergie.
Pour les ménages et les entreprises ghanéennes, ce statu quo signifie que les crédits restent chers. Les banques commerciales continuent d'appliquer des taux d'intérêt élevés, ce qui pèse sur la consommation et l'investissement. Les PME, en particulier, peinent à financer leur croissance. Du côté des changes, la stabilité du taux directeur n'a pas empêché le cedi de fluctuer. La monnaie ghanéenne a perdu près de 10 % de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
La prochaine réunion du comité est prévue en juillet. D'ici là, les regards se tournent vers les chiffres de l'inflation d'avril et mai, mais aussi vers l'évolution des prix du pétrole et des denrées importées. Si les tensions mondiales s'apaisent et que le cedi se stabilise, la banque centrale pourrait reprendre son cycle de baisse. Dans le cas contraire, elle devra choisir entre soutenir la croissance et défendre sa monnaie. Un dilemme classique pour les pays importateurs de pétrole, qui n'ont que peu de marges de manœuvre face aux chocs externes.
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