La banque centrale nigériane signe un accord d'innovation avec Singapour
Olayemi Cardoso, gouverneur de la CBN, a multiplié les rencontres à Singapour pour rapprocher le système financier nigérian de l'Asie. Un protocole d'accord a été signé avec GFTN, sur fond de discussions avec l'autorité monétaire singapourienne.

Olayemi Cardoso a posé ses valises à Singapour cette semaine. Le gouverneur de la Central Bank of Nigeria y a enchaîné les rendez-vous avec un objectif clair : rapprocher le système financier nigérian de l'Asie. Au programme, des échanges avec la Monetary Authority of Singapore, l'homologue singapourien de la CBN, et la signature d'un protocole d'accord avec GFTN, structure dédiée à l'innovation financière. Le communiqué de la banque parle de coopération institutionnelle, de développement des marchés et d'innovation. Derrière ces mots, une réalité : Lagos cherche des relais de croissance hors de ses partenaires traditionnels.
Singapour n'est pas un choix anodin. La cité-État s'est imposée comme une plaque tournante du financement en Asie, avec des marchés de capitaux profonds et un écosystème fintech dense. Pour la CBN, l'enjeu est double : attirer des capitaux asiatiques vers le Nigeria et s'inspirer des mécanismes singapouriens en matière de paiements, de régulation et de produits dérivés. Le pays traîne une réputation de marché difficile, entre volatilité du naira et contrôles de change. Un partenariat avec une place réputée pour sa rigueur envoie un signal aux investisseurs.
Le timing interpelle. La CBN a laissé flotter le naira depuis juin 2023, la monnaie a perdu une large part de sa valeur et les réserves de change restent sous pression. Dans ce contexte, ouvrir un canal avec l'Asie, c'est chercher de nouvelles sources de devises et diversifier les partenaires commerciaux. Le Nigeria importe massivement d'Asie — biens manufacturés, électronique, intrants — et veut équilibrer une balance commerciale déséquilibrée. Pour la diaspora ouest-africaine, ces rapprochements finissent par peser sur le coût des transferts et la fluidité des opérations.
Reste à transformer l'essai. Les protocoles d'accord entre banques centrales se multiplient, mais peu débouchent sur des flux concrets. La CBN devra préciser les projets : lignes de financement, échanges de données, formation de cadres, interconnexion des systèmes de paiement. Sans calendrier ni montants, l'accord avec GFTN ressemble à une déclaration d'intention. Le vrai test viendra quand les premières transactions passeront par ce canal.
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