La CBN appelle les Nigérians à manier le naira avec fierté pour prolonger sa durée de vie
La Banque centrale du Nigeria exhorte les commerçants de Kano et l'ensemble des Nigérians à prendre soin des billets de naira afin d'allonger leur durée de vie et de réduire les coûts de remplacement.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a lancé un appel inhabituel à ses concitoyens : prenez soin de vos billets de naira. L'institution a ciblé particulièrement les commerçants de Kano, grand pôle commercial du nord du pays, où la manipulation rapide et répétée des coupures use prématurément la monnaie. Chaque billet retiré de la circulation trop tôt coûte cher à l'État, qui doit en imprimer de nouveaux. La CBN veut donc convaincre que le respect du naira n'est pas qu'une question de symbole, mais bien de gestion budgétaire.
Le message s'adresse à un pays où l'argent liquide reste roi. Malgré la poussée des paiements numériques, une large partie des transactions quotidiennes se fait encore en espèces, surtout dans les marchés et les zones rurales. Les billets passent de main en main, se froissent, se salissent, se déchirent. Résultat : la CBN doit remplacer régulièrement des liasses entières, un coût qui pèse sur ses finances et détourne des ressources d'autres priorités. L'appel à Kano n'est pas anodin : la ville est un carrefour commercial majeur, où les flux de cash sont parmi les plus intenses du pays.
Pour les changeurs et les opérateurs de transfert, ce rappel a une portée concrète. Un billet abîmé est souvent refusé, ce qui complique les échanges et pousse certains à recourir à des circuits parallèles. La CBN espère qu'une meilleure conservation des coupures réduira les frictions et renforcera la confiance dans la monnaie nationale, déjà malmenée par l'inflation et la dépréciation. Dans les zones frontalières, où les transactions avec le FCFA sont fréquentes, la qualité des billets compte aussi pour les commerçants qui échangent au quotidien.
L'initiative reste toutefois symbolique face à l'ampleur des défis monétaires. La CBN peut multiplier les campagnes de sensibilisation, elle ne réglera pas la perte de valeur du naira ni la méfiance des Nigérians envers leur propre devise. Mais en s'attaquant à l'usure des billets, elle envoie un signal : chaque coupure compte, et sa durée de vie est l'affaire de tous. Une manière de rappeler que la monnaie, avant d'être un instrument économique, est aussi un bien commun.
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