La Banque centrale d'Égypte fait de la stabilité des prix sa priorité absolue
Le gouverneur Hassan Abdalla réaffirme l'engagement de l'Égypte envers des politiques monétaires crédibles et disciplinées, alors que l'inflation reste un défi majeur pour l'économie du pays.

Le gouverneur de la Banque centrale d'Égypte, Hassan Abdalla, a clarifié sa feuille de route : lutter contre l'inflation et garantir la stabilité des prix passe avant tout. Dans un contexte où les prix à la consommation progressent à un rythme soutenu, cette annonce vise à rassurer les investisseurs étrangers et les institutions financières internationales. L'Égypte, comme beaucoup de pays émergents, subit de plein fouet la hausse des coûts des matières premières et les effets persistants d'un dollar fort. La priorité affichée est donc de restaurer la confiance, un exercice délicat quand les marges de manœuvre budgétaires se réduisent.
Pour y parvenir, la banque centrale mise sur un cadre de ciblage d'inflation, un mécanisme qui consiste à annoncer publiquement un objectif chiffré et à ajuster les taux d'intérêt en conséquence. En pratique, cela signifie que les décisions de politique monétaire seront moins guidées par des considérations de court terme et davantage par la trajectoire des prix. Les marchés attendent désormais des actes concrets : une hausse des taux directeurs pourrait suivre si l'inflation ne reflue pas. Cette approche vise aussi à ancrer les anticipations des ménages et des entreprises, souvent tentés de répercuter la hausse des prix sur leurs salaires ou leurs tarifs.
Le message s'adresse également à l'extérieur. En réaffirmant son attachement à des politiques « crédibles, disciplinées et orientées vers le marché », Le Caire tente de convaincre les bailleurs de fonds et les investisseurs que l'Égypte ne cédera pas à la tentation de mesures populistes ou de contrôles de change. Le pays négocie actuellement un programme avec le Fonds monétaire international, et la crédibilité de sa banque centrale pèse lourd dans la balance. Pour la diaspora égyptienne, qui envoie chaque année des milliards de dollars au pays, cette stabilité monétaire conditionne directement la valeur des transferts et le coût des opérations.
Reste à voir si les intentions se traduiront dans les faits. L'Égypte a déjà procédé à plusieurs dévaluations ces dernières années, et la livre égyptienne a perdu plus de la moitié de sa valeur face au dollar depuis 2022. La lutte contre l'inflation exigera des choix douloureux : maintenir des taux élevés pénalise le crédit et la croissance, tandis qu'une politique trop laxiste alimenterait la spirale des prix. Le gouverneur Abdalla a posé le cadre. Les prochains mois diront si la banque centrale a les moyens politiques et économiques de s'y tenir.
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