La Banque africaine de l'énergie cible le pétrole et le gaz, pas les startups
La nouvelle Banque africaine de l'énergie, lancée par la CBN et la Banque africaine d'import-export, financera d'abord le pétrole et le gaz. Un rappel que le capital-risque ne suffit pas pour les infrastructures énergétiques du continent.

La Banque africaine de l'énergie (AEB) voit le jour avec une mission claire : financer des projets pétroliers et gaziers à travers le continent. Portée par la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) et la Société nationale pétrolière nigériane (NNPC), l'institution dispose d'un capital initial de 5 milliards de dollars. Elle veut combler un vide : les banques occidentales se retirent des énergies fossiles, laissant les pays africains sans financement pour exploiter leurs réserves. Le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, sera le premier bénéficiaire de cette manne.
Cette initiative met en lumière une réalité que les startups africaines connaissent bien : le capital-risque ne peut pas tout. Les fonds de venture capital financent des applications, des fintechs, des services numériques. Ils ne construisent pas de raffineries, de pipelines ou de centrales électriques. Ces infrastructures exigent des dizaines de milliards de dollars, des décennies de retour sur investissement et une patience que les investisseurs privés n'ont pas. La AEB arrive donc là où le marché échoue, mais elle le fait en se concentrant sur les énergies fossiles, au moment où le monde parle de transition énergétique.
Pour les économies ouest-africaines, l'enjeu est de taille. Le Nigeria produit du pétrole brut mais importe la quasi-totalité de son carburant raffiné. Une banque dédiée au secteur pourrait financer des projets de raffinage locaux, réduisant la dépendance aux importations et la pression sur les réserves de change. Les transferts d'argent de la diaspora, eux, restent un canal vital pour les ménages, mais ils ne remplacent pas les investissements structurants. Des plateformes comme SendXOF observent d'ailleurs que les flux de la diaspora vers le Nigeria restent massifs, mais ils financent la consommation, pas les infrastructures.
La AEB devra prouver qu'elle peut sélectionner des projets rentables et éviter les pièges de la gouvernance. Son succès dépendra de sa capacité à attirer des capitaux privés et à ne pas reproduire les erreurs des banques de développement traditionnelles. Pour l'instant, elle envoie un signal : l'Afrique veut financer elle-même son énergie, avec ses propres institutions. Une ambition qui dépasse largement le cadre des startups.
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