L'Union africaine et l'ATAF renforcent la lutte contre l'évasion fiscale transfrontalière
L'Union africaine et le Forum africain sur l'administration fiscale (ATAF) unissent leurs forces pour endiguer les flux financiers illicites et l'évasion fiscale qui privent le continent de milliards de dollars de recettes.

L'Afrique perd chaque année des dizaines de milliards de dollars à cause des flux financiers illicites et de l'évasion fiscale transfrontalière. Face à ce manque à gagner, l'Union africaine et le Forum africain sur l'administration fiscale (ATAF) ont décidé de coordonner leurs efforts pour renforcer les systèmes fiscaux du continent. L'objectif est simple : permettre aux États de collecter davantage de recettes intérieures et de réduire leur dépendance à l'aide extérieure. La coopération portera sur l'échange d'informations entre administrations fiscales, la lutte contre les prix de transfert abusifs et le suivi des transactions réalisées par les multinationales.
Le Nigeria, première économie du continent, est directement concerné. Le pays peine à mobiliser des recettes fiscales suffisantes : le ratio impôts/PIB tourne autour de 10 %, bien en dessous des 15 à 18 % recommandés pour financer correctement les services publics. Les autorités nigérianes ont déjà engagé des réformes, notamment la suppression progressive des subventions sur les carburants et la numérisation de l'administration fiscale. Mais sans coordination régionale, les entreprises peuvent facilement déplacer leurs bénéfices vers des juridictions plus clémentes. L'ATAF, qui regroupe 42 pays membres, sert justement de plateforme technique pour harmoniser les législations et former les agents des impôts.
Pour les opérateurs économiques et la diaspora, ces discussions comptent. Un système fiscal plus lisible et mieux appliqué réduit l'incertitude sur les coûts réels des transactions transfrontalières. Les plateformes de transfert d'argent, comme SendXOF, opèrent dans cet environnement : elles doivent se conformer aux règles fiscales et de change de chaque pays, ce qui influence directement les frais et les taux appliqués aux envois de fonds.
Reste à transformer les intentions en résultats. Les déclarations communes se multiplient, mais les fuites de capitaux persistent. Le vrai test sera la capacité des administrations à échanger des données concrètes et à sanctionner les montages abusifs. Sans moyens humains et techniques supplémentaires, le risque est que ces annonces restent lettre morte. Les prochaines réunions techniques de l'ATAF, prévues dans les mois à venir, diront si l'Afrique parvient enfin à garder chez elle les ressources qu'elle produit.
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