L'OMS exclut les médicaments amaigrissants pour les enfants de moins de 10 ans
L'Organisation mondiale de la santé publie ses premières lignes directrices sur l'obésité infantile et écarte les traitements médicamenteux, la chirurgie bariatrique et les dispositifs amaigrissants pour les moins de 10 ans.

L'Organisation mondiale de la santé a publié ses premières recommandations sur la prise en charge de l'obésité chez les enfants et les adolescents. Elle y exclut catégoriquement les médicaments amaigrissants, la chirurgie bariatrique et les dispositifs de perte de poids pour les enfants de moins de 10 ans. Cette décision intervient alors que les cas d'obésité pédiatrique explosent dans les pays à revenu intermédiaire, notamment en Afrique de l'Ouest, où l'urbanisation rapide modifie les habitudes alimentaires. L'OMS privilégie pour cette tranche d'âge les interventions sur le mode de vie : alimentation équilibrée, activité physique régulière et suivi médical. Une position qui tranche avec la promotion agressive de certains laboratoires pharmaceutiques.
Pour les 10 à 19 ans, l'OMS ouvre la porte à une approche plus graduée. Les médicaments peuvent être envisagés, mais uniquement dans des cas sévères et sous stricte supervision médicale. La chirurgie bariatrique reste exceptionnelle, réservée aux adolescents atteints d'obésité morbide avec des comorbidités graves. Les experts de l'agence onusienne insistent sur un point : aucune de ces options ne doit se substituer aux changements durables de comportement. Au Nigeria, où plus de 12 millions d'enfants de moins de 5 ans présentent un retard de croissance et où l'obésité gagne du terrain dans les villes, cette distinction est cruciale pour les politiques de santé publique.
Le texte de l'OMS met aussi en garde contre les dispositifs connectés et les compléments alimentaires vendus librement sur les marchés et en ligne. Ces produits, souvent présentés comme des solutions miracles, n'ont fait l'objet d'aucune validation scientifique solide pour les enfants. L'agence recommande aux gouvernements de réguler strictement leur commercialisation. Une recommandation qui concerne directement les pharmacies et les marchés informels de Lagos, Kano ou Aba, où ces produits circulent sans contrôle.
Cette publication marque un tournant dans la doctrine mondiale sur l'obésité infantile. Elle consacre la primauté de la prévention et de l'accompagnement familial sur les solutions médicamenteuses rapides. Pour les systèmes de santé africains, déjà fragiles, l'enjeu est double : freiner la progression de l'obésité sans créer de nouvelles dépendances aux traitements coûteux. Les autorités sanitaires nigérianes devront désormais aligner leurs protocoles sur ces recommandations, un chantier qui s'annonce long.
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