L'OMC alerte : la fragmentation commerciale pourrait coûter 5,1 % du PIB mondial d'ici 2050
L'Organisation mondiale du commerce estime qu'un système commercial fragmenté amputerait le PIB mondial de 5,1 % d'ici 2050, sous l'effet des rivalités géopolitiques et des politiques économiques divergentes.

L'Organisation mondiale du commerce a sorti sa calculette, et le résultat n'est pas joli. Dans une note publiée cette semaine, l'institution de Genève estime qu'un monde commercialement fragmenté laisserait le PIB mondial 5,1 % en dessous de sa trajectoire de référence à l'horizon 2050. Le diagnostic tient en une phrase : les rivalités géopolitiques, les divergences de politique économique et les préoccupations croissantes de sécurité nationale pèsent durablement sur le système d'échanges hérité de l'après-guerre. Ce ne sont plus des tensions passagères, mais une pression structurelle qui s'installe.
Le chiffre mérite qu'on s'y arrête. Cinq pour cent de PIB mondial en moins, c'est plus que la production annuelle combinée de l'Afrique et de l'Amérique latine. Concrètement, cela signifie des chaînes d'approvisionnement qui se raccourcissent, des barrières tarifaires qui remontent, et des blocs régionaux qui se replient sur eux-mêmes. Les entreprises qui exportent vers plusieurs continents le vivent déjà : chaque nouveau tarif, chaque contrôle à l'exportation supplémentaire grignote une marge. Le commerce mondial a longtemps servi de moteur de croissance ; il devient un terrain d'affrontement.
Pour les économies africaines, l'enjeu est double. D'un côté, la fragmentation offre des opportunités : les productions locales peuvent remplacer des importations devenues trop chères ou trop incertaines. De l'autre, elle complique l'accès aux marchés extérieurs et renchérit les intrants importés. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les corridors monétaires se complexifient quand les relations commerciales se tendent. Les opérateurs de change suivent ces développements de près, car chaque friction géopolitique se répercute sur les taux.
L'OMC ne prédit pas un effondrement, mais un ralentissement progressif si rien ne change. Les pays qui diversifient leurs partenaires commerciaux et renforcent leurs échanges régionaux s'en sortiront mieux que ceux qui dépendent d'un seul grand marché. L'Afrique de l'Ouest, avec ses 400 millions de consommateurs et la ZLECAf, a une carte à jouer. Reste à savoir si les États sauront la jouer avant que la fragmentation ne devienne irréversible.
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