L'Irak dévalue le dinar face à la chute de ses exportations pétrolières
La banque centrale irakienne a dévalué le dinar face au dollar, invoquant une crise liée à la guerre au Moyen-Orient qui a réduit les exportations de pétrole du pays.

Bagdad a cédé. La banque centrale irakienne a annoncé une dévaluation du dinar face au dollar, une décision qui intervient alors que les exportations pétrolières du pays encaissent de plein fouet les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Le cours officiel est passé de 1 320 à 1 460 dinars pour un dollar, une perte de près de 10 % en une seule journée. Les autorités monétaires justifient ce choix par la nécessité de préserver les réserves de change, mises sous pression par la baisse des recettes pétrolières.
L'Irak tire plus de 90 % de ses revenus budgétaires du brut. Or, depuis le début du conflit, les perturbations logistiques et les attaques contre les infrastructures pétrolières ont réduit les volumes exportés. Les terminaux du sud du pays, qui acheminent la majorité du pétrole irakien, ont tourné au ralenti pendant plusieurs semaines. Résultat : les dollars entrent moins vite que prévu, alors que les besoins en importations, eux, ne faiblissent pas. La banque centrale a puisé dans ses réserves pour tenir le cours, avant de capituler.
Sur le marché parallèle, le dinar se négociait déjà bien en dessous du taux officiel, autour de 1 550 dinars pour un dollar ces dernières semaines. La dévaluation officielle ne fait donc qu'entériner une réalité que les changeurs de Bagdad et de Bassora connaissaient déjà. Pour les Irakiens, l'effet sera immédiat : les produits importés, des médicaments aux biens de consommation, vont renchérir. L'inflation, déjà à deux chiffres, pourrait s'envoler. Dans la région, les monnaies des pays exportateurs de pétrole subissent les mêmes tensions. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
La dévaluation risque d'aggraver le mécontentement social. En 2020, une décision similaire avait provoqué des manifestations à Bagdad et dans le sud chiite. Le gouvernement, déjà fragilisé par des mois de contestation, joue gros. La banque centrale promet des mesures d'accompagnement pour les ménages les plus modestes, mais les marges de manœuvre sont minces. Tant que le conflit perdurera et que les cours du brut resteront volatils, le dinar restera sous pression.
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