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L'IFC veut pousser les banques nigérianes à financer davantage l'agriculture

L'agriculture ne capte que 5 % du crédit bancaire au Nigeria. L'IFC travaille à réduire les risques pour convaincre les banques commerciales d'y injecter plus d'argent.

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Rédaction SendXOF

Publié le 7 octobre 2026

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L'agriculture nigériane ne capte même pas 5 % du crédit bancaire total. Un chiffre qui dit tout du déséquilibre : le secteur emploie une large part de la population active, nourrit le pays, mais reste ignoré des guichets. Olivier Buyoya, directeur de la division Nigeria et Afrique centrale de la Société financière internationale (IFC), a posé le constat sans détour lors d'une conférence de presse. Pour lui, le problème n'est pas l'absence d'argent dans les banques, mais le niveau de risque perçu sur toute la chaîne de valeur agricole.

L'IFC ne se contente pas de constater. Elle travaille à lever les verrous qui bloquent le financement : accès au foncier, traçabilité des récoltes, stockage, contrats entre producteurs et acheteurs. Autant de maillons fragiles qui font fuir les prêteurs. Tant qu'une banque ne peut pas vérifier la solvabilité d'un agriculteur ou sécuriser une créance sur une récolte, elle préfère placer son argent dans le pétrole ou les télécoms. L'objectif affiché est simple : rendre le secteur bancable, pas seulement sympathique.

Le Nigeria importe encore une partie de ce qu'il pourrait produire, du riz au blé en passant par le sucre. Chaque crise de change renchérit ces achats et rappelle l'urgence de produire localement. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : une agriculture qui tourne réduit la dépendance aux importations et stabilise les prix intérieurs, donc la valeur réelle des sommes envoyées au pays.

Le chemin reste long. Les banques nigérianes connaissent mal les cycles agricoles, et les petits producteurs n'ont ni garanties ni historique de crédit. L'IFC mise sur des mécanismes de partage de risque et des partenariats avec les institutions locales pour combler ce fossé. Si les premiers prêts se transforment en remboursements réguliers, l'effet d'entraînement peut être rapide. Sinon, l'agriculture restera ce qu'elle est aujourd'hui : un géant économique que le crédit ignore.

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