L'Égypte mise sur les infrastructures et la libéralisation financière pour relancer sa croissance
Le gouvernement égyptien parie sur des investissements massifs dans les infrastructures, une refonte réglementaire et l'ouverture du secteur financier pour transformer l'économie et attirer les capitaux étrangers.

L'Égypte déroule un plan ambitieux pour sortir son économie de l'ornière. Le gouvernement mise sur une combinaison d'investissements dans les infrastructures, de réformes réglementaires et de libéralisation financière. Objectif affiché : créer un choc de compétitivité et attirer les capitaux étrangers. Le pays sort de plusieurs années difficiles, marquées par une inflation galopante, une pénurie de devises et un endettement extérieur sous surveillance du FMI. Les autorités veulent tourner la page en s'attaquant aux rigidités qui étouffent l'initiative privée. Les chantiers ne manquent pas : routes, ports, zones industrielles, réseaux électriques. L'idée est de faire de l'Égypte une plateforme logistique entre l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient.
La libéralisation financière constitue le deuxième pilier de cette stratégie. Le gouvernement entend simplifier l'accès au crédit, moderniser la régulation bancaire et ouvrir davantage le marché aux investisseurs institutionnels. Le secteur privé devrait y gagner en visibilité, notamment dans les énergies renouvelables et la logistique. Les autorités misent aussi sur les transferts de la diaspora, une source cruciale de devises. Pour les opérateurs ouest-africains, cette ouverture pourrait redessiner les routes de capitaux vers Le Caire. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent de près ces évolutions, car elles déterminent le coût réel des transferts entre l'Afrique de l'Ouest et l'Égypte.
Reste à savoir si les promesses se traduiront dans les faits. Les réformes précédentes ont souvent achoppé sur la lenteur administrative et les résistances au sein de l'appareil d'État. Les investisseurs étrangers, échaudés par des épisodes de volatilité monétaire, attendent des garanties concrètes sur la convertibilité et la stabilité du cadre juridique. Le FMI, qui accompagne le programme égyptien, insiste sur la transparence des dépenses publiques et la réduction des subventions coûteuses. Sans discipline budgétaire, le risque est de voir les déficits se creuser à nouveau et de devoir dévaluer la livre une fois de plus.
L'Égypte joue gros. Si les réformes portent, le pays pourrait retrouver une trajectoire de croissance solide et devenir un hub régional incontournable. En cas d'échec, la pression sociale restera vive dans un pays où le pain et l'emploi sont des sujets explosifs. Les prochains mois diront si la machine se met réellement en marche. Les regards se tournent vers les premiers résultats tangibles : flux d'investissements directs, création d'emplois, stabilisation de la livre. Le gouvernement a posé les fondations. Il lui reste à convaincre.
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