L'Égypte mise sur le privé pour relancer son économie
Le Premier ministre Mostafa Madbouly affirme que la confiance des investisseurs est la clé pour rétablir les équilibres macroéconomiques et attirer les capitaux étrangers.
L'Égypte veut tourner la page de l'économie étatisée. Le Premier ministre Mostafa Madbouly a déclaré cette semaine que le secteur privé était désormais « habilité à conduire le développement ». Une formule qui claque comme un virage politique. Le Caire sort de deux ans de crise monétaire aiguë, avec une livre égyptienne qui a perdu plus de la moitié de sa valeur face au dollar depuis mars 2022. Les autorités cherchent à convaincre les investisseurs étrangers que le pire est derrière elles. Madbouly insiste sur un point : sans stabilité macroéconomique, aucun capital ne restera. Le pays a besoin de devises, et vite.
Le Fonds monétaire international a débloqué en début d'année un prêt de 8 milliards de dollars, assorti d'exigences claires : réduire la part de l'État dans l'économie, laisser flotter la livre, et assainir les finances publiques. Le gouvernement égyptien a promis de céder des participations dans des dizaines d'entreprises publiques. Mais sur le terrain, les choses avancent lentement. Les milieux d'affaires se plaignent encore de lourdeurs administratives et d'un accès au crédit compliqué. La confiance ne se décrète pas, elle se construit.
Pour la diaspora égyptienne, estimée à près de 10 millions de personnes, ces signaux comptent. Les transferts de fonds ont atteint 22 milliards de dollars sur l'année fiscale 2023-2024, selon la banque centrale. C'est une bouée pour les réserves de change. Mais beaucoup hésitent à rapatrier leur argent tant que le taux de change reste imprévisible. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Les opérateurs de change suivent de près les décisions du Caire, car elles influencent les flux vers toute la région.
Madbouly promet des réformes concrètes : simplification des procédures douanières, guichet unique pour les investisseurs, et réduction des délais de création d'entreprise. Des annonces qui ressemblent à celles déjà faites par le passé. La différence, cette fois, c'est la pression du FMI et le besoin urgent de dollars. Le pays joue gros. Sans capitaux privés, la reprise restera un vœu pieux. Les prochains mois diront si les mots se traduisent en contrats signés et en usines qui tournent.
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