L'eau manque, l'économie nigériane cale : l'avertissement des industriels
Des organisateurs d'exposition internationale alertent : la crise de l'eau au Nigeria freine l'agriculture, l'industrie manufacturière et l'investissement, et menace directement la croissance économique du pays.

Le Nigeria a un problème d'eau, et ce n'est plus seulement une question de robinets qui coulent à sec dans les quartiers de Lagos ou de Kano. Les organisateurs d'une exposition internationale sur l'eau ont tiré la sonnette d'alarme cette semaine : le déficit hydrique du pays pèse désormais sur l'agriculture, l'industrie manufacturière et l'investissement. Le constat n'est pas nouveau, mais il devient difficile à ignorer quand les rendements agricoles baissent dans le nord du pays et que les usines du sud tournent au ralenti faute d'approvisionnement régulier.
Le lien entre eau et économie est direct. L'irrigation représente une part importante des besoins en eau du pays, et sans elle, les récoltes de riz, de maïs ou de sorgho deviennent aléatoires. Dans le même temps, les industries agroalimentaires, textiles et pharmaceutiques dépendent d'un accès continu à l'eau propre pour leurs processus de production. Quand cet accès se dégrade, les coûts grimpent, les marges fondent, et les investisseurs étrangers commencent à regarder ailleurs. Le Nigeria perd ainsi des points de compétitivité face à des voisins mieux dotés en infrastructures hydrauliques.
Le gouvernement nigérian a lancé plusieurs programmes pour améliorer l'accès à l'eau, mais les résultats restent en deçà des besoins. Les experts pointent du doigt le sous-investissement chronique dans les réseaux de distribution, les fuites massives dans les villes, et l'absence de politique claire de gestion des ressources en eau. À cela s'ajoute le changement climatique, qui rend les saisons des pluies plus erratiques dans le nord, et les sécheresses plus longues dans le Sahel voisin. Pour les opérateurs économiques, l'incertitude sur l'eau devient un facteur de risque aussi important que l'instabilité du Naira ou les coupures d'électricité.
Sans une réponse coordonnée, le Nigeria risque de voir sa croissance amputée année après année. L'eau n'est pas qu'une question sociale ou sanitaire : c'est une infrastructure économique de base. Les pays qui ont réglé ce problème — l'Afrique du Sud, le Maroc, l'Égypte — ont pu développer leur agriculture et leur industrie. Le Nigeria, première économie du continent, ne peut pas se permettre de laisser ce chantier en friche. Les industriels qui ont sonné l'alerte attendent des actes, pas des promesses.
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