L'Afrique pourrait gagner 8 600 milliards de dollars en transformant ses matières premières
Des experts estiment que l'Afrique doit cesser d'exporter ses minerais et produits bruts pour capter 8 600 milliards de dollars de valeur ajoutée, selon une dépêche nigériane.

L'Afrique exporte massivement ses minerais et produits agricoles sans les transformer. Une pratique qui la prive d'une manne estimée à 8 600 milliards de dollars, selon des experts cités par la presse nigériane. Le constat n'est pas nouveau, mais il prend une ampleur particulière à l'heure où les cours des matières premières flambent et où les pays industrialisés sécurisent leurs approvisionnements. Le continent reste un fournisseur de matières premières brutes, sans capter la valeur ajoutée générée par la transformation. Résultat : des emplois perdus, des recettes fiscales en berne et une dépendance aux cours mondiaux.
Les exemples ne manquent pas. Le Nigeria exporte du pétrole brut mais importe des produits raffinés. La RDC vend du cobalt brut, que la Chine transforme en batteries. Le Ghana exporte du cacao, mais importe du chocolat. À chaque étape, la valeur ajoutée s'envole ailleurs. Les experts appellent donc à une industrialisation locale, à des politiques fiscales incitatives et à des investissements dans les infrastructures. L'enjeu : retenir une partie des 8 600 milliards de dollars qui échappent au continent. Pour les opérateurs économiques, notamment dans la zone CFA, cette évolution pourrait redessiner les flux commerciaux et les besoins en financement.
Le sujet touche aussi à la monnaie. Transformer localement suppose des investissements lourds, souvent financés en devises. Or, les banques centrales africaines peinent à stabiliser leurs taux de change. Une industrialisation réussie réduirait la pression sur les réserves de change en limitant les importations de produits finis. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces tendances pour ajuster leurs taux en temps réel, mais la question de fond reste la capacité des États à attirer des capitaux et à sécuriser les chaînes de valeur.
Reste à savoir si les discours se traduiront en actes. Les obstacles sont connus : déficit énergétique, fiscalité instable, corruption, infrastructures insuffisantes. Sans réformes structurelles, l'Afrique continuera de vendre ses matières premières à l'état brut. Les 8 600 milliards de dollars resteront une estimation théorique. Pourtant, des initiatives émergent, comme la zone de libre-échange continentale africaine, qui pourrait stimuler les échanges intra-africains de produits transformés. La balle est dans le camp des décideurs.
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