L'Afrique paie 90 milliards de dollars d'intérêts par an, un fardeau qui étrangle son développement
L'Afrique consacre environ 90 milliards de dollars par an au service de sa dette, un montant qui dépasse les financements reçus. Vingt et un pays sont en situation de stress ou de surendettement, et le continent fait face à un déficit de liquidités de 21 milliards de dollars.

L'Afrique dépense chaque année près de 90 milliards de dollars pour rembourser ses dettes, une somme qui équivaut à plus du quart de ses recettes d'exportation. À cela s'ajoutent 75 milliards de dollars de primes de risque, ce qui alourdit encore la facture. Résultat : les pays africains empruntent à des taux deux à trois fois supérieurs à ceux des économies développées, quand ils y parviennent.
Pour refinancer leur dette, les États africains ont besoin d'environ 7,5 milliards de dollars par an. Mais les marges de manœuvre se réduisent. Vingt et un pays sont déjà en situation de stress ou de surendettement, selon les critères du FMI. Le Nigeria, par exemple, consacre plus de 90 % de ses recettes fiscales au service de la dette, ce qui laisse peu de place pour les investissements dans la santé ou l'éducation.
Cette situation creuse le déficit de financement du développement, estimé à 21 milliards de dollars. Les conséquences se font sentir au quotidien : des projets d'infrastructure suspendus, des hôpitaux sans équipement, des écoles sans enseignants. Pour les diasporas qui envoient de l'argent à leurs familles, chaque point de taux d'intérêt supplémentaire se traduit par des coûts plus élevés et des délais plus longs.
L'Afrique se trouve ainsi prise dans un cercle vicieux : elle doit emprunter pour se développer, mais le coût de l'emprunt absorbe une part croissante de ses ressources. Tant que les primes de risque resteront aussi élevées et que les institutions financières internationales n'augmenteront pas leurs financements concessionnels, les pays africains continueront de payer le prix fort pour leur développement.
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