L'Afrique du Sud ouvre une enquête antidumping sur le ciment importé
Sephaku Cement, filiale sud-africaine de Dangote, réclame des droits antidumping alors que Pretoria enquête sur des importations de ciment jugées sous-évaluées, menaçant les producteurs locaux.

L'Afrique du Sud a lancé une enquête sur le dumping de ciment importé, après une plainte déposée par plusieurs producteurs locaux, dont Sephaku Cement, contrôlé par le groupe nigérian Dangote. Pretoria soupçonne des exportateurs, notamment vietnamiens, de vendre sous les coûts de production pour gagner des parts de marché. Les industriels sud-africains dénoncent une concurrence déloyale qui comprime leurs marges depuis plusieurs trimestres. Une décision préliminaire est attendue dans les prochains mois.
Sephaku Cement n'est pas un acteur isolé. Dangote Cement, premier cimentier africain, a investi des centaines de millions de dollars en Afrique du Sud via cette filiale. La pression des importations intervient alors que le groupe nigérian cherche à consolider ses positions sur le continent. Pour Dangote, l'enjeu dépasse le seul marché sud-africain : une décision favorable créerait un précédent pour ses autres opérations, notamment au Cameroun, en Éthiopie ou au Sénégal, où les importations asiatiques grignotent aussi des parts.
Le dossier s'inscrit dans un contexte plus large de tensions commerciales sur les matériaux de construction en Afrique. Le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Ghana ont déjà adopté des mesures de sauvegarde contre le ciment importé. Ces barrières modifient les flux régionaux et pèsent sur les coûts logistiques. Pour les opérateurs ouest-africains, ces décisions se répercutent sur les prix intérieurs, donc sur le pouvoir d'achat des ménages qui construisent.
Pretoria devra trancher entre protection de son industrie et respect de ses engagements à l'OMC. Une taxe antidumping renchérirait le ciment pour les grands chantiers publics, dans un pays qui peine déjà à livrer ses infrastructures. À l'inverse, un rejet de la plainte fragiliserait Sephaku et ses salariés. La décision finale, probablement en 2026, sera scrutée par tous les cimentiers africains qui affrontent la concurrence asiatique.
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