L'Afrique abaisse ses taux de près de 1 000 points de base en septembre
Les banques centrales africaines ont réduit leurs taux directeurs de près de 1 000 points de base en septembre, portées par la baisse de 350 points de la CBN nigériane. Une détente monétaire d'ampleur inédite sur le continent.

La Banque centrale du Nigeria a frappé fort en septembre. Elle a abaissé son taux directeur de 350 points de base, la réduction la plus agressive du continent ce mois-là. À elle seule, elle explique plus d'un tiers du mouvement global : les banques centrales africaines ont cumulé près de 1 000 points de base de baisses en septembre, selon les données compilées par les analystes. Le mouvement ne s'est pas limité à Abuja. Plusieurs instituts d'émission ont suivi, signe que le vent tourne sur l'ensemble du continent après deux années de resserrement.
Pourquoi ce revirement ? L'inflation reflue dans plusieurs grandes économies africaines. Au Nigeria, la hausse des prix ralentit après des mois de flambée, ce qui donne à la CBN une marge de manœuvre qu'elle n'avait plus. Le Ghana, le Kenya ou l'Afrique du Sud ont eux aussi vu leurs pressions inflationnistes s'atténuer. Résultat : les banquiers centraux desserrent les visses pour soutenir le crédit et la croissance, sans craindre de relancer la spirale des prix. La baisse du naira, elle, reste un contre-feu : elle renchérit les importations et complique l'équation.
Cette détente change la donne pour les opérateurs économiques. Des taux plus bas réduisent le coût du crédit pour les entreprises, mais pèsent sur les rendements des placements obligataires, très prisés des investisseurs étrangers. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, alors que les différentiels de taux entre zones monétaires influencent directement les parités. Les capitaux qui cherchaient refuge dans les bons du Trésor nigérian pourraient se redéployer vers d'autres marchés si les rendements continuent de fondre.
Reste à savoir si ce cycle de baisse durera. Les banques centrales africaines avancent prudemment : elles veulent soutenir l'activité sans donner l'impression de lâcher la bride sur l'inflation. Le moindre choc sur les prix de l'énergie ou des denrées importées pourrait les forcer à faire marche arrière. Septembre marque une inflexion nette, pas encore une tendance de fond. Les prochains mois diront si le continent est entré dans un vrai cycle de détente monétaire ou s'il s'agit d'une pause avant de nouveaux tours de vis.
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