Kenya : une association de consommateurs réclame la transparence sur sa participation de 500 millions de dollars dans la raffinerie Dangote
La Consumers Federation of Kenya (COFEK) exige des détails sur le projet kenyan d'acquérir 500 millions de dollars de parts dans la raffinerie Dangote. Le groupe de défense des consommateurs veut connaître l'impact sur les prix et la stratégie d'approvisionnement en carburant.

La Consumers Federation of Kenya (COFEK) a officiellement demandé au gouvernement kenyan de dévoiler les termes de son projet d'achat d'une participation de 500 millions de dollars dans la raffinerie Dangote, au Nigeria. L'organisation de défense des consommateurs veut savoir comment cet investissement se traduira sur le prix à la pompe et sur la sécurité des approvisionnements. Dans une lettre adressée aux autorités, COFEK réclame la publication du contrat, des études de rentabilité et des modalités de financement. Le Kenya importe la quasi-totalité de son carburant raffiné, et toute décision d'investir dans une infrastructure étrangère doit être justifiée par des économies tangibles pour le consommateur.
La raffinerie Dangote, située dans la zone franche de Lekki, près de Lagos, est la plus grande d'Afrique avec une capacité de 650 000 barils par jour. Elle vise à réduire la dépendance du continent aux importations de produits pétroliers raffinés. Pour le Kenya, acquérir une part de 500 millions de dollars représenterait un changement stratégique : sécuriser un accès direct au carburant et peser sur les prix. Mais l'opacité autour de l'opération inquiète. COFEK souligne que les citoyens kényans ont le droit de comprendre comment un tel montant, équivalent à une part significative du budget énergétique, sera utilisé et remboursé.
Cette demande intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à s'impliquer dans la raffinerie Dangote pour stabiliser leurs approvisionnements. Le Nigeria lui-même a révisé ses accords de partage de production pour garantir l'approvisionnement de l'usine en brut. Pour les consommateurs kényans, l'enjeu est double : éviter une hausse des prix et s'assurer que l'investissement ne se transforme pas en fardeau pour le contribuable. La pression de COFEK pourrait forcer le gouvernement à plus de transparence, dans un contexte où les finances publiques sont déjà sous tension.
Si le Kenya confirme cette prise de participation, il rejoindrait un club restreint d'États africains actionnaires de la raffinerie. Mais sans évaluation indépendante, le risque est celui d'un investissement politique mal calibré. La balle est dans le camp de Nairobi : publier les chiffres ou s'exposer à la défiance. Pour l'heure, COFEK promet de saisir les instances de régulation si aucune réponse satisfaisante n'est apportée.
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