Kano lance un plan pour sortir 10 000 usagers de drogues de la rue
Une task force de l'État de Kano cible plus de 10 000 consommateurs de drogues pour un retrait des rues, une réhabilitation et une formation professionnelle, selon un responsable cité par Punch.

L'État de Kano a mis sur pied une task force chargée de retirer plus de 10 000 usagers de drogues des rues. L'objectif affiché : les soustraire aux réseaux de trafic, les réinsérer et leur donner un métier. Le dispositif combine opérations de ramassage, prise en charge sanitaire et formation en compétences. Les autorités locales parlent d'un problème devenu trop visible dans les quartiers de Kano, la grande ville du nord nigérian, où les substances circulent à bas coût et où les jeunes sont les premières cibles.
La méthode retenue n'est pas seulement répressive. Il s'agit de traiter la dépendance comme un problème de santé publique, puis de compléter par un volet économique. Sans revenus ni perspectives, la rechute est presque automatique : c'est le constat que font les travailleurs sociaux depuis des années. La formation professionnelle vise donc à créer une sortie durable, pas un simple passage en centre. Reste à savoir si les moyens suivront. Les structures de réhabilitation de l'État sont déjà sous tension, et l'accueil de milliers de personnes en même temps exige des personnels formés, des médicaments et un suivi post-cure.
Le nord du Nigeria concentre une part importante des saisies de drogues du pays, et Kano sert à la fois de marché de consommation et de carrefour de transit. Les trafiquants y adaptent leurs produits à un pouvoir d'achat faible, ce qui alimente la consommation chez les plus jeunes. Une opération de cette ampleur, si elle est menée sérieusement, peut faire baisser la pression sur les quartiers. Mais elle prendra du temps : sortir 10 000 personnes de la rue, les soigner et les insérer, c'est un chantier de plusieurs années, pas une campagne ponctuelle.
Le vrai test sera le suivi. Combien de personnes seront effectivement prises en charge, combien iront au bout de leur formation, combien retrouveront un emploi ou une activité ? Sans indicateurs publics, le risque est que l'annonce reste un effet de communication. D'autres États nigérians ont tenté des programmes similaires avec des résultats inégaux, faute de financement continu. Kano dispose d'un avantage : le problème est reconnu politiquement et la task force a un mandat clair. Il lui manque encore la preuve que les moyens humains et financiers sont à la hauteur de l'objectif affiché.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Nigeria : les manutentionnaires au sol suspendent les services à XEJET pour une dette de 300 millions de nairas
L'Association des manutentionnaires aériens du Nigeria a ordonné à ses membres de cesser toute prestation pour XEJET Airline, qui doit 300 millions de nairas. La compagnie risque l'immobilisation.

Nigeria : les applis bancaires et fintech équipent 88 % des utilisateurs de smartphones
Un rapport de KPMG et Orange révèle que 88 % des utilisateurs nigérians de smartphones ont une application bancaire ou fintech. OPay domine le marché devant les banques traditionnelles.

Abu Dhabi veut devenir le premier gouvernement natif de l'IA
Abu Dhabi organise en octobre un sommet mondial sur l'intelligence artificielle, réunissant investisseurs et entreprises tech pour présenter son ambition de devenir le premier gouvernement 100 % IA.