Kaduna : Uba Sani fait de la nutrition un pilier du développement humain
Le gouverneur de Kaduna place la nutrition au cœur de son agenda de développement, la liant directement à la formation du capital humain de l'État le plus peuplé du nord du Nigeria.

Uba Sani a choisi son terrain. En plaçant la nutrition au centre de son agenda de développement, le gouverneur de Kaduna ne parle pas seulement d'assiettes vides. Il parle d'écoles qui fonctionnent, d'hôpitaux qui désengorgent et d'une économie locale qui tient debout. Dans un État qui compte plus de neuf millions d'habitants et affiche l'un des taux de malnutrition infantile les plus élevés du nord nigérian, cette priorité n'a rien d'un slogan. Elle conditionne la capacité de Kaduna à produire une main-d'œuvre en état de travailler dans vingt ans.
Les chiffres donnent la mesure du chantier. Selon les enquêtes nutritionnelles menées dans le nord-ouest, près d'un enfant de moins de cinq ans sur deux y souffre de retard de croissance. Ce retard ne se rattrape pas. Il se traduit par des performances scolaires en berne, des revenus futurs amputés et une pression accrue sur les services publics. Le gouverneur lie explicitement ce constat à son programme de développement : sans enfants bien nourris, pas de capital humain, donc pas de croissance durable. La logique tient, à condition que les budgets suivent les discours.
Le défi reste l'exécution. Kaduna doit coordonner plusieurs ministères — santé, agriculture, éducation, eau — pour agir sur les causes profondes de la malnutrition, pas seulement sur ses symptômes. Cela suppose des chaînes d'approvisionnement en aliments enrichis qui tiennent la route, des agents de santé communautaire formés et payés, et un suivi rigoureux des indicateurs. D'autres États nigérians ont annoncé des plans similaires avant de les voir s'enliser faute de financement dédié. La crédibilité de cette annonce se mesurera à la part du budget de Kaduna réellement affectée à la nutrition dans les prochains cycles.
Pour l'instant, le signal politique est clair : la nutrition quitte la case « affaires sociales » pour devenir un enjeu de développement économique. Si Kaduna transforme l'essai, la formule pourrait inspirer d'autres États du nord, où la question reste la plus aiguë. Le Nigeria a longtemps traité la malnutrition comme une fatalité. Uba Sani parie qu'elle est d'abord un choix budgétaire.
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