Jigawa : les commissaires-priseurs proposent un partenariat pour stopper les fuites de revenus
L'association nigériane des commissaires-priseurs de Jigawa demande à l'État un partenariat pour encadrer la vente des biens publics et tarir les fuites de revenus liées aux aliénations d'actifs.

À Dutse, capitale du Jigawa, l'antenne locale de la Nigeria Association of Auctioneers a officiellement sollicité le gouvernement de l'État pour codiriger la gestion des actifs publics mis en vente. L'organisation affirme que les ventes d'équipements, de véhicules et de biens saisis échappent trop souvent à un cadre professionnel, ce qui ouvre la porte à des sous-évaluations et à des détournements. Elle propose de mettre ses membres agréés à disposition des agences publiques pour organiser des enchères transparentes, avec des prix de départ fixés sur la base d'expertises indépendantes.
Le problème n'est pas nouveau au Nigeria. Chaque année, des rapports de la Cour des comptes et du Bureau du vérificateur général pointent des écarts entre la valeur estimée des biens de l'État et les recettes effectivement encaissées. Dans les États du nord, où les budgets dépendent fortement des allocations fédérales, ces pertes pèsent directement sur les capacités d'investissement. Le Jigawa, qui compte environ 7 millions d'habitants, peine à financer ses infrastructures routières et ses centres de santé de proximité. Les commissaires-priseurs avancent qu'un cadre formel permettrait de récupérer ne serait-ce que 10 à 15 % de recettes supplémentaires sur les cessions d'actifs.
La balle est désormais dans le camp de l'exécutif de Dutse. Un partenariat de ce type suppose de modifier les procédures internes des ministères et agences, et de confier à des opérateurs privés agréés une mission qui reste sous contrôle public. D'autres États nigérians, comme Kaduna et Kano, ont déjà expérimenté des dispositifs similaires, avec des résultats variables selon la rigueur des audits. Pour le Jigawa, l'enjeu dépasse la simple question des enchères : il s'agit de savoir si l'État accepte de desserrer son emprise sur la gestion de son patrimoine pour en tirer davantage de ressources.
Si le gouvernement de l'État donne suite, le mécanisme pourrait servir de modèle dans une région où la transparence budgétaire reste le maillon faible. À l'inverse, un refus laisserait intactes les pratiques actuelles, avec leur cortège de pertes silencieuses. Les commissaires-priseurs, eux, ont déjà prévenu qu'ils continueraient à documenter les cas de ventes douteuses, quitte à en faire une question de campagne à l'approche des prochaines échéances locales.
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