InfraCredit obtient 50 millions de dollars de la SFI pour financer les infrastructures en nairas
La SFI accorde une dette subordonnée de 50 millions de dollars à InfraCredit pour renforcer le financement en monnaie locale des projets d'infrastructure au Nigeria et réduire leur dépendance aux devises étrangères.

InfraCredit a bouclé un accord avec la Société financière internationale (SFI) pour une dette subordonnée de 50 millions de dollars. L'objectif est simple : donner plus de souffle aux projets d'infrastructure nigérians qui peinent à trouver des financements longs en nairas. La SFI, membre du groupe Banque mondiale, mise sur le renforcement du marché local des capitaux. InfraCredit, qui garantit des obligations en monnaie locale, veut ainsi attirer davantage d'investisseurs institutionnels. Le Nigeria a besoin de routes, d'électricité, d'eau : des chantiers coûteux, souvent bloqués par le manque de prêts à long terme.
Concrètement, cette injection de 50 millions de dollars sert de coussin pour qu'InfraCredit puisse émettre plus de garanties et débloquer des financements en nairas. Les promoteurs évitent ainsi de s'endetter en dollars, un piège quand la monnaie locale flanche. La dépréciation du naira a rendu les emprunts en devises très risqués : un projet qui rembourse en nairas mais a emprunté en dollars voit sa facture grimper à chaque glissement du taux de change. En sécurisant des fonds en monnaie locale, InfraCredit limite ce risque et rassure les prêteurs. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un marché des capitaux en nairas plus profond peut stabiliser le change et réduire les écarts entre taux officiel et parallèle.
Le Nigeria traîne un déficit d'infrastructures estimé à 3 000 milliards de dollars sur trente ans, selon la Banque mondiale. Les routes s'effondrent, le réseau électrique distribue à peine 4 000 mégawatts pour plus de 200 millions d'habitants. Les projets butent sur un mur : les banques commerciales prêtent rarement au-delà de sept ans, et les taux d'intérêt à deux chiffres découragent les emprunteurs. InfraCredit comble ce vide en garantissant des obligations d'entreprise notées AAA, ce qui permet aux fonds de pension et aux assureurs d'investir dans des infrastructures sans craindre un défaut. La SFI, en acceptant une dette subordonnée, prend une part du risque pour attirer d'autres capitaux.
Ce coup de pouce de la SFI intervient alors que le Nigeria cherche à réduire sa dépendance aux financements extérieurs. Le gouvernement veut mobiliser l'épargne locale, notamment les 20 000 milliards de nairas d'actifs sous gestion des fonds de pension. Mais sans garanties solides, ces institutionnels restent frileux. InfraCredit joue les intermédiaires : sa signature rassure, et les projets deviennent bancables. Reste à voir si les 50 millions de dollars suffiront à enclencher un cercle vertueux. D'autres bailleurs, comme la Banque africaine de développement, suivent le dossier de près. Pour l'instant, le signal est clair : le financement des infrastructures nigérianes passe de plus en plus par des instruments en monnaie locale, soutenus par des partenaires internationaux.
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