Inflation au Nigeria : 77,2 % des ménages disent que les prix flambent
La part des ménages nigérians percevant une inflation élevée est passée de 67,2 % en août à 77,2 % en septembre 2026, selon l'enquête de la Banque centrale du Nigeria. L'indice de perception grimpe à 43,1 points.

En un mois, le ressenti des Nigérians sur les prix a bondi de dix points. En septembre 2026, 77,2 % des ménages déclarent faire face à une inflation élevée, contre 67,2 % en août, d'après la dernière enquête sur les anticipations d'inflation de la Banque centrale du Nigeria (CBN). L'indice global de perception des prix s'établit à 43,1 points, contre 39,6 points le mois précédent. Ce n'est pas une statistique abstraite : c'est le reflet d'un quotidien où le sac de riz, le litre d'essence et le ticket de transport pèsent de plus en plus lourd sur les budgets familiaux.
La hausse de cet indice ne surprend pas les commerçants de Lagos ou de Kano. Depuis plusieurs mois, les coûts de distribution grimpent, portés par un naira qui reste sous pression et par le prix du carburant. Les ménages ajustent leurs achats : moins de protéines, plus de produits de base, et parfois un seul repas chaud par jour dans les foyers les plus modestes. Cette tension sur le pouvoir d'achat se répercute sur les transferts que la diaspora envoie au pays. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque franc CFA ou dollar envoyé doit couvrir des dépenses qui augmentent plus vite que les revenus.
La CBN surveille de près ces anticipations, car elles influencent les décisions de consommation et d'épargne. Quand les ménages s'attendent à une inflation durable, ils achètent maintenant plutôt que plus tard, ce qui alimente la hausse des prix. La banque centrale a déjà relevé son taux directeur à plusieurs reprises pour tenter de casser cette spirale, mais l'effet met du temps à se transmettre à l'économie réelle. Les analystes de Nairametrics notent que l'indice de perception reste bien au-dessus de sa moyenne historique, signe que la confiance dans la stabilité des prix ne revient pas.
Pour les mois à venir, tout dépendra de deux facteurs : la trajectoire du naira sur le marché des changes et la saisonnalité des récoltes, qui pourrait détendre les prix alimentaires. Mais avec 77,2 % des ménages qui disent subir l'inflation, le gouvernement a peu de marge. Les prochaines données de la CBN, attendues en octobre, diront si ce pic est un accident ou le début d'une tendance plus lourde. En attendant, les familles continuent de serrer les dents.
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