Crise du GPL : l'Afrique face à un recul de la cuisson propre
L'Agence internationale de l'énergie alerte sur la crise mondiale du gaz de pétrole liquéfié, provoquée par les tensions dans le détroit d'Ormuz. Cette situation menace les progrès de l'Afrique en matière de cuisson propre, avec des conséquences sanitaires et économiques.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) tire la sonnette d'alarme : la crise mondiale du gaz de pétrole liquéfié (GPL), déclenchée par les perturbations dans le détroit d'Ormuz, menace les progrès de l'Afrique en matière de cuisson propre. Le détroit, par où transite près d'un cinquième du GPL mondial, est devenu un point de friction majeur. Les récentes tensions ont fait grimper les prix et réduit les approvisionnements, frappant de plein fouet des pays comme le Nigeria, le Sénégal ou le Kenya, qui avaient massivement investi dans des programmes de promotion du GPL pour remplacer le bois et le charbon de bois.
Cette dépendance au GPL importé expose les ménages africains à une double peine : la hausse des prix et l'incertitude sur les volumes disponibles. Au Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, la plupart du GPL consommé provient encore de l'étranger, faute de capacité de traitement locale suffisante. Les conséquences sont immédiates : des familles retournent aux combustibles solides, dangereux pour la santé et l'environnement. L'AIE estime que près de 600 000 décès prématurés par an en Afrique subsaharienne sont liés à la pollution de l'air intérieur, un chiffre qui risque d'augmenter si la tendance s'inverse.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les ménages qui dépendent des envois de fonds doivent souvent arbitrer entre l'achat de GPL et d'autres dépenses essentielles. Les prix du GPL ayant augmenté de 30 à 40 % dans certaines capitales, les familles doivent consacrer une part plus importante de leurs revenus à la cuisson. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces variations en temps réel, permettant aux expéditeurs de calculer précisément le montant à envoyer pour couvrir ces besoins.
L'AIE appelle à une accélération des investissements dans les infrastructures locales de traitement et de stockage du GPL, ainsi que dans les énergies renouvelables pour la cuisson. Mais ces projets prennent du temps, et la crise actuelle montre la vulnérabilité d'un modèle basé sur des importations concentrées dans une région instable. Pour l'Afrique, l'enjeu est double : sécuriser l'approvisionnement à court terme et bâtir une indépendance énergétique durable, faute de quoi les progrès sanitaires et environnementaux obtenus ces dernières années pourraient s'effondrer.
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