Riz ouest-africain : la filière qui peut tout changer
Avec 20 millions de tonnes consommées par an et 40 % importées, le riz est le talon d'Achille de l'Afrique de l'Ouest. Mais la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Nigeria investissent dans la production locale. Objectif : créer des emplois, réduire la facture d'importation et sécuriser l'alimentation d'une population qui doublera d'ici 2050.
Le riz, c'est bien plus qu'un plat. En Afrique de l'Ouest, c'est le cœur de l'alimentation quotidienne, avec 20 millions de tonnes englouties chaque année. Problème : 40 % de ce riz vient d'Asie ou d'ailleurs, ce qui coûte 5 milliards de dollars aux économies locales. Une dépendance qui fragilise la balance commerciale et expose aux chocs des prix mondiaux.
Pourtant, la région commence à réagir. La Côte d'Ivoire a doublé sa production en cinq ans, atteignant 1,5 million de tonnes en 2024. Le Sénégal mise sur l'irrigation et les semences améliorées pour réduire ses importations de 30 % d'ici 2027. Et le Nigeria, plus gros consommateur du continent, lance des programmes de mécanisation dans les États du Nord. Ces efforts créent des emplois : la transformation du riz emploie déjà des milliers de jeunes dans les usines de l'État de Kebbi.
L'enjeu dépasse la simple sécurité alimentaire. Produire localement, c'est aussi garder la valeur ajoutée dans la sous-région. Quand un sac de riz importé coûte 25 000 FCFA, une partie part chez le producteur thaïlandais. Avec du riz local, l'argent reste dans les circuits économiques de la CEDEAO. Des plateformes numériques comme SendXOF facilitent d'ailleurs les paiements transfrontaliers entre transformateurs et distributeurs, accélérant les transactions.
Le chemin est encore long. Les coûts de production locaux restent 20 à 30 % plus élevés que ceux du riz asiatique, et les infrastructures de stockage manquent. Mais la tendance est là : le Nigeria a déjà réduit ses importations de 40 % en trois ans. Si la région parvient à harmoniser ses politiques agricoles, le riz pourrait devenir le moteur d'une intégration économique réelle, avec des emplois pour des millions de jeunes.
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