Guterres réclame des lois plus dures contre le racisme, 25 ans après Durban
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres demande des lois antidiscrimination renforcées et des mesures contre les discriminations systémiques, alors que les pays africains réclament réparation pour l'esclavage et la colonisation.

Antonio Guterres a saisi l'anniversaire des 25 ans de la déclaration de Durban pour relancer un dossier que beaucoup de capitales préféreraient laisser fermé. Le secrétaire général de l'ONU a déclaré que le racisme continue d'aggraver les inégalités et de priver des populations de droits fondamentaux. Il a appelé à des lois antidiscrimination plus solides, à des mesures concrètes contre les discriminations systémiques et à des investissements dans des sociétés inclusives. Vingt-cinq ans après la conférence de Durban, le constat reste sévère : les engagements pris en 2001 n'ont pas produit les effets escomptés.
Les pays africains, eux, vont plus loin. Ils réclament une justice réparatrice, une responsabilité historique et des mesures pour corriger les effets de l'esclavage, de la colonisation et de l'apartheid. Ce n'est plus une simple demande de reconnaissance symbolique. Plusieurs gouvernements du continent poussent pour que la question des réparations entre dans les discussions économiques internationales, notamment sur la dette, les flux financiers et l'accès aux financements. Le débat sur la mémoire coloniale se double désormais d'un débat sur les transferts de ressources.
Sur le terrain, les discriminations systémiques se traduisent par des écarts mesurables : accès à l'emploi, à la justice, au logement, aux soins. Guterres insiste sur un point précis : sans lois contraignantes, les déclarations d'intention ne pèsent rien. Les pays qui ont adopté des cadres juridiques solides obtiennent des résultats, mais beaucoup d'autres laissent des vides que les victimes paient directement. La question divise aussi au sein des Nations unies, où certains États freinent toute mention de réparations dans les textes officiels.
Le timing n'est pas anodin. La déclaration de Durban avait été marquée par des tensions diplomatiques, notamment autour de la question du sionisme et de la mémoire de l'esclavage. Un quart de siècle plus tard, les lignes n'ont pas tellement bougé. Ce qui change, c'est la pression des pays du Sud, qui lient de plus en plus la lutte contre le racisme aux inégalités économiques mondiales. Guterres en fait un axe de son mandat, mais sans levier contraignant, ses appels restent des signaux politiques.
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