GSMA : la flambée des smartphones menace l'accès à internet au Nigeria
L'association GSMA alerte sur la hausse du coût des composants qui rend les smartphones inabordables pour des millions de Nigérians, menaçant les objectifs d'inclusion numérique du pays.

Le prix des smartphones grimpe, et avec lui, le risque de laisser des millions de Nigérians sur le bord de la route numérique. La GSMA, qui fédère les opérateurs mobiles mondiaux, a tiré la sonnette d'alarme cette semaine : la hausse du coût des composants électroniques rend les téléphones intelligents de plus en plus inaccessibles dans les marchés émergents. Au Nigeria, où plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, cette flambée menace directement les objectifs d'inclusion numérique du gouvernement, qui veut connecter 90 % des citoyens d'ici 2025.
Le problème ne date pas d'hier. La pandémie de Covid-19 a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales, et la demande en puces électroniques a explosé. Résultat : le prix moyen d'un smartphone d'entrée de gamme a bondi de près de 30 % en deux ans, selon les données de la GSMA. Au Nigeria, un appareil basique coûte aujourd'hui autour de 50 000 nairas (environ 33 000 FCFA), soit près d'un mois de salaire pour un travailleur au salaire minimum. Les opérateurs télécoms, comme MTN et Airtel, tirent pourtant l'essentiel de leurs revenus de la data mobile. Si les clients ne peuvent plus s'offrir un téléphone, c'est tout le marché qui s'étiole.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Beaucoup envoient de l'argent au pays précisément pour aider leurs proches à s'équiper en téléphones ou à payer des forfaits data. Quand le matériel renchérit, les sommes transférées doivent augmenter, ou les bénéficiaires doivent se contenter de téléphones plus anciens, souvent limités à la 2G. La GSMA recommande aux gouvernements de réduire les taxes sur les terminaux et d'encourager la production locale. Le Nigeria a déjà annoncé un plan pour assembler des smartphones sur son sol, mais les résultats se font attendre.
Sans action rapide, l'écart se creusera entre les zones urbaines, déjà bien connectées, et les régions rurales, où l'internet mobile reste un luxe. La GSMA estime que 1,4 milliard de personnes dans le monde n'ont toujours pas accès à un smartphone, dont une large part en Afrique subsaharienne. Le Nigeria, poids lourd démographique du continent, est en première ligne. La baisse des prix ne viendra pas des opérateurs seuls : elle dépendra des politiques publiques, de la fiscalité et de la capacité à produire localement. En attendant, chaque hausse de composant éloigne un peu plus l'objectif d'une connectivité pour tous.
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