Ghana : la banque centrale place sa vice-gouverneure au conseil de GoldBod
Le gouverneur de la Bank of Ghana, Johnson Pandit Asiama, nomme Matilda Asante-Asiedu, sa vice-gouverneure, au conseil d'administration du Ghana Gold Board, la structure qui doit encadrer le commerce de l'or.

La Bank of Ghana resserre son emprise sur le marché de l'or. Le gouverneur Johnson Pandit Asiama a nommé Matilda Asante-Asiedu, sa vice-gouverneure, pour le représenter au conseil d'administration du Ghana Gold Board, la structure publique chargée d'organiser le commerce du métal jaune. L'information a été rendue publique cette semaine par la banque centrale. Le Ghana a produit 4,2 millions d'onces d'or en 2024, ce qui en fait le premier producteur africain devant l'Afrique du Sud. Mais Accra veut capter davantage de valeur : l'essentiel du métal sort encore brut, sans transformation locale.
Le Ghana Gold Board, créé par une loi adoptée l'an dernier, doit servir de guichet unique pour l'achat et la vente d'or. L'objectif affiché : réduire la contrebande, qui détourne chaque année des tonnes de métal vers les Émirats et la Chine, et reconstituer les réserves de change de la banque centrale. En 2023, Accra a lancé un programme d'achat d'or domestique pour soutenir le cedi, la monnaie nationale. Le dispositif a permis d'accumuler plus d'une tonne d'or en quelques mois. La nomination d'Asante-Asiedu au conseil de GoldBod verrouille le lien entre la politique monétaire et la filière aurifère.
Pour les opérateurs, le signal est clair : la banque centrale veut contrôler la chaîne, de l'extraction à l'exportation. Les petites mines, qui fournissent une part importante de la production, devront passer par le nouveau guichet. Les grands groupes miniers, comme Newmont et Gold Fields, suivent le dossier de près. Le Ghana cherche aussi à attirer des raffineries sur son sol, un projet évoqué depuis plusieurs années mais jamais concrétisé. La nomination d'un vice-gouverneur au conseil de GoldBod donne à Accra un levier direct sur ces négociations.
Reste à voir si la structure tiendra ses promesses. La contrebande d'or reste florissante, alimentée par des réseaux bien implantés dans les régions minières. Et la volatilité des cours mondiaux complique la tâche : l'once a dépassé les 2 600 dollars en 2024, un niveau qui attire les convoitises. Pour le Ghana, l'enjeu dépasse la simple régulation : il s'agit de transformer une richesse brute en devises stables et en emplois locaux. La nomination d'Asante-Asiedu marque une étape, pas une fin.
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