Gazoduc AKK : les soudeurs nigérians exigent leur part du contrat
Les soudeurs nigérians réclament le respect des lois sur le contenu local dans le projet de gazoduc AKK et d'autres chantiers de la NNPC, dénonçant des rémunérations injustes et des contrats attribués à des étrangers.
Le projet de gazoduc AKK, long de 614 kilomètres, doit transporter du gaz naturel de la région sud du Nigeria vers le centre du pays. Mais pour les soudeurs locaux, ce chantier symbolise surtout un manque à gagner. Dans une déclaration transmise à la presse, leur syndicat dénonce le non-respect des lois sur le contenu local, qui imposent pourtant une part minimale de main-d'œuvre et de services nigérians dans les projets pétroliers et gaziers. Ils pointent du doigt des rémunérations nettement inférieures à celles de leurs homologues étrangers, alors que les conditions de travail sont souvent plus rudes.
Le syndicat affirme que sur les chantiers de la NNPC, les soudeurs nigérians sont fréquemment relégués à des tâches subalternes, tandis que les postes clés sont confiés à des expatriés. Une situation d'autant plus mal vécue que le Nigeria dispose d'une main-d'œuvre qualifiée, formée dans les écoles techniques du pays. Les soudeurs demandent donc une application stricte de la loi, avec des pénalités pour les entreprises qui ne jouent pas le jeu. Ils menacent, si rien ne bouge, de bloquer les chantiers en cours.
Cette colère intervient dans un contexte où le gouvernement multiplie les projets d'infrastructures pour attirer les investissements. Le gazoduc AKK, financé en partie par la Banque africaine de développement, est présenté comme un levier de croissance pour l'industrie locale. Mais pour les soudeurs, ces promesses restent lettre morte tant que les contrats ne profitent pas aux Nigérians. Pour la diaspora ouest-africaine, souvent engagée dans ces secteurs, cette situation illustre les tensions qui peuvent freiner le développement régional.
La NNPC, de son côté, assure que des efforts sont faits pour renforcer la participation locale, mais sans avancer de chiffres précis. Les syndicats, eux, comptent bien maintenir la pression. Si le dialogue échoue, le projet AKK pourrait devenir un nouveau point de friction entre travailleurs et compagnies pétrolières, avec des conséquences sur les délais et les coûts. Une chose est sûre : la question du contenu local ne se réglera pas sans une volonté politique claire.
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