Gaz torchés au Nigeria : le régulateur dément toute disparition de fonds
La NMDPRA, le régulateur nigérian du pétrole, rejette les accusations de revenus non comptabilisés issus des torchages de gaz, évoquant des écarts de conciliation et non des fonds manquants.

La Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA) a officiellement démenti les allégations selon lesquelles des revenus issus des torchages de gaz auraient disparu des comptes publics. Dans un communiqué publié lundi, l'agence affirme que les écarts signalés par certaines organisations de la société civile résultent de problèmes de conciliation comptable, et non d'un détournement de fonds. Une mise au point qui intervient après la publication d'un rapport accusant le régulateur de ne pas avoir reversé plusieurs milliards de nairas au trésor fédéral.
Selon la NMDPRA, les données sur les volumes de gaz torchés et les pénalités associées sont régulièrement transmises au ministère des Finances, mais des délais administratifs et des différences de méthodologie expliqueraient les écarts constatés. Le régulateur précise que les montants en jeu sont en cours de vérification et que des audits croisés sont menés avec la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) et les compagnies pétrolières. Pour les opérateurs du secteur, cette polémique s'ajoute à une pression déjà forte sur la transparence des revenus énergétiques, alors que le pays cherche à attirer davantage d'investissements dans son amont pétrolier. Les compagnies internationales, qui paient des pénalités pour le torchage, suivent de près l'évolution de ce dossier, car il pourrait influencer la réglementation future sur les émissions de gaz.
Cette controverse survient dans un contexte où le gouvernement nigérian tente de réduire le torchage de gaz, une pratique encore courante dans le delta du Niger. Les pénalités perçues sont censées financer des projets de développement local, mais leur suivi reste opaque pour de nombreux observateurs. La NMDPRA insiste sur sa volonté de coopérer avec les commissions parlementaires et les organisations de la société civile pour clarifier la situation, tout en dénonçant ce qu'elle qualifie de « désinformation » susceptible de nuire à la crédibilité du secteur. Pour la diaspora ouest-africaine, ces débats sur la gestion des revenus pétroliers restent lointains, mais ils rappellent l'importance d'une gouvernance transparente dans les économies dépendantes des matières premières.
Au-delà de la polémique, cette affaire met en lumière les défis de la gestion des revenus issus des hydrocarbures au Nigeria, un pays qui peine encore à diversifier son économie. Alors que les recettes pétrolières représentent plus de 80 % des revenus d'exportation, chaque allégation de mauvaise gestion alimente la méfiance des citoyens et des investisseurs. Le régulateur promet de publier des chiffres consolidés dans les prochaines semaines, mais les critiques doutent déjà de leur exhaustivité. Une chose est sûre : le débat sur la transparence des revenus gaziers ne fait que commencer, et il risque de peser sur la réputation du Nigeria auprès des bailleurs de fonds internationaux.
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